Des manifestations a la Kasbah malgré la démission du premier ministre

Les manifestants ont poursuivi ce lundi un sit-in à la Kasbah de Tunis, malgré l’annonce de la démission du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi la veille. Ils revendiquent essentiellement « la dissolution du gouvernement provisoire » et la « la mise en place d’une assemblée constituante et la dissolution des Chambres des députés et des conseillers », « la proclamation d’un régime parlementaire » et « la suspension des trois commissions nationales ».

Les manifestants ont affirmé, à travers leur slogan

« Sit-in ouvert jusqu’à la chute du régime »

et qu’ils poursuivront la manifestation jusqu’à la satisfaction de toutes leurs demandes qu’ils considèrent comme légitimes.

La Kasbah de Tunis lors des manifestations du samedi 25 fevrier 2011
La Kasbah de Tunis lors des manifestations du samedi 25 fevrier 2011

Les manifestants de la Kasbah ont fait part de leur mécontentement de la nomination de M. Béji Caïd Essebsi à la tête du gouvernement, une des anciennes figures, ont-il ajouté, qui a collaboré avec les deux anciens présidents qu’ils qualifient de dictateurs.

Un des membres du comité d’organisation du sit-in a indiqué que ce qui s’est passé n’est qu’une parodie pour contourner les autres revendications des manifestants, précisant que « le peuple en a assez des anesthésiants, vestiges de l’ancien régime ».

Orca Mar

Tap

Manifestation a Tunis contre le Gouvernement de Transition

Plus de 100 000 Tunisiens rassemblés au centre de Tunis réclament le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi.

Les manifestants exhortent le gouvernement de Ghannouchi à ne pas usurper la révolution.

Le gouvernement a fait appel à des hélicoptères de l’armée. (afrik.com). Les manifestants revendiquent le départ du gouvernement de transition, la mise en place d’une Assemblée constituante et un système parlementaire. De l’avis des membres du Croissant-Rouge et des manifestants, il s’agit de la plus grande manifestation depuis la chute de Ben Ali, le 14 janvier dernier.

Les manifestants sur Tunis semblent déterminés à déstabiliser le régime en place et obtenir gain de cause, une pancarte d’une vingtaine de mètres a même été déployée pour la circonstance, où on pouvait lire : « Sit-in jusqu’à la dissolution du gouvernement ».

Tunis
Tunis

Moncef BEY, "le souverain martyr"

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19 juin 1942-15 mai 1943: le règne de Moncef Bey, aura duré 11 mois dont près de 7 mois marqués par une campagne militaire qui a transformé la totalité du territoire national en un gigantesque champ de bataille où Alliés et forces germano-italiennes placés sous l’autorité de chefs militaires prestigieux comme Eisenhower, Bradlee, Patton, Montgomery ou Rommel se livrèrent quelques unes des batailles les plus importantes de la 2ème Guerre Mondiale.

Les témoins de cette époque comme Sadok Zmerli, premier interprète et chef du protocole de Moncef Bey et auteur de « Espoirs et Déceptions en Tunisie 1942-43 », aujourd’hui épuisé, ainsi que le Professeur Said Mestiri à qui on doit également une biographie de ce souverain nous ont décrit le combat courageux d’un grand patriote, bien entouré il est vrai de conseillers habiles pour faire respecter la souveraineté du pays, malgré les convoitises des pays de l’axe et surtout de l’Italie et l’arrogance du représentant de Vichy, l’Amiral Esteva. Peine perdue. Dans un pays ravagé par la guerre, l’autorité du Bey se réduisait à Tunis et sa banlieue. Cultivé, proche des nationalistes, Moncef Bey avait tout pour être un grand roi. Pour son malheur, il est arrivé sur le trône au mauvais moment. Bien que son attitude fût irréprochable pendant la guerre, il fut déposé par le Général Juin, qui trouvait là une occasion en or pour débarrasser la France d’un souverain incommode et qui, au surplus, ne faisait pas mystère de ses sentiments nationalistes, quelques jours à peine après la fin de la bataille de Tunisie. Déposé le 15 mai 1943 et exilé dans le sud algérien puis à Pau dans le sud de la France, il mourra en 1948 sans avoir jamais revu sa patrie. Il restera dans l’histoire comme « le Souverain martyr », qui était resté proche de son peuple pendant toute la période qu’aura duré son règne, s’efforçant d’alléger ses souffrances et de lui remonter le moral à un moment crucial de son histoire.

On a longtemps péroré sur le point de savoir si la dynastie husseinite aurait pu échapper au sort qu’elle avait connu le 25 juillet 1957 si le règne de Moncef BEY s’était prolongé au delà de la proclamation de l’indépendance. Certainement pas car le ver était déjà dans le fruit. D’ailleurs, ne prêtait-on pas à ce Bey, l’intention d’abolir lui-même la monarchie et de proclamer la république. Le 25 juillet 1957, cela faisait quatre vingt ans que le Bey n’exerçait plus la réalité du pouvoir. il aurait fallu plus qu’un épisode de 11 mois pour ressusciter une monarchie anachronique.

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Ghar el Melh / Sidi Ali El Mekki / Cap Farina

Ghar El Melh (غار الملح), signifiant « grotte du sel » (du fait de la proximité de salines) et anciennement appelé Porto Farina, est un village côtier du nord-est de la Tunisie.

Ghar El Melh est situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Tunis et à une quarantaine de kilomètres à l’est de Bizerte. Rattachée au gouvernorat de Bizerte, la municipalité compte 5 018 habitants. Elle est chef-lieu d’une délégation de 18 525 habitants.

Bâti au pied du Djebel Nadour, le village se trouve au fond de la lagune portant son nom, vestige du golfe d’Utique en grande partie comblé par l’apport d’alluvions de la Medjerda dont l’embouchure se trouve à six kilomètres plus au sud. La lagune, couvrant une superficie d’environ 3 000 hectares et bordée une vingtaine de kilomètres de rivages, est peu profonde.

La lagune est classée, depuis novembre 2007, zone humide d’importance internationale (convention de Ramsar), vu sa richesse naturelle et sa diversité biologique. Les principales espèces qui y sont pêchées sont par ordre d’importance : les muges, la dorade, le loup, la sole et l’anguille.

Le village est connu pour son site historique et la longue plage de Sidi Ali El Mekki située à cinq kilomètres à l’est du village. La municipalité possède en tout sept kilomètres de côtes s’étalant entre le cap de Sidi Ali El Mekki et le port de Kalâat el-Andalous.

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Histoire

Fondé au début de l’installation des Phéniciens en Tunisie (814 av. J.-C.), l’antique Rusucmona devient rapidement un comptoir renommé pour être l’avant-port d’Utique. Il devient par la suite une importante base pour les corsaires barbaresques. Suite à la conquête de la Tunisie par Charles Quint en 1534, les Espagnols tentent de les combattre et y construisent un fort mais c’est l’amiral britannique Robert Blake qui en vient à bout en 1654. Toutefois, le port et ses défenses sont reconstruits rapidement et redeviennent une base pour des pirates britanniques et maltais. Sous le règne d’Usta Mourad, dey de Tunis d’origine génoise en place de 1638 à 1640, la ville accueille une colonie andalouse arrivée après son expulsion par Philippe III d’Espagne. Une autre colonie turque la suit suite à l’appel lancé par le souverain tunisien pour les encourager à s’y installer.

En 1834, un important arsenal appartenant à un pirate maltais explose et détruit une partie de Ghar El Melh. Ahmed I Bey (1837-1855) décide de mettre fin à la piraterie en Tunisie et de transformer leur base en port de commerce. Il y fait construire de nouvelles jetées et forteresses.

À partir de 1840 une communauté de Maltais, d’Italiens et de Français se sont installés au village. La colonie d’origine maltaise a vécu à Ghar El Melh jusqu’à l’aube de l’indépendance. L’une des activités auxquelles s’adonnent à l’origine les Maltais est la contrebande. Mais, à la fin du XIXe siècle, l’instauration d’un régime douanier plus rigoureux oblige les contrebandiers à se transformer en pêcheurs et en maraîchers. En refusant de prendre la nationalité tunisienne en 1956, les Maltais ont dû s’astreindre à quitter la Tunisie.

Site patrimonial

Aujourd’hui, on peut admirer le vieux port turc ainsi que les trois forts. L’ancien port avec l’arsenal, appelé par les habitants « El Kichla », joue un rôle prépondérant dans la région, à l’époque punique, en tant que comptoir commercial ainsi que site militaire grâce au caractère géomorphologique de son site d’implantation. Aménagé en 1638, le vieux port est longtemps le port de la première base militaire en Tunisie. Il est ensuite abandonné en 1818 et une tentative de rénovation sans succès est entreprise en 1838. Le port est ensuite devenu un important port de pêche de la région. En 1975, la construction d’un nouveau port, ouvert directement sur la mer, relègue progressivement le vieux port à une pêche artisanale dans les eaux de la lagune.

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Le nouveau port de pêche

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Borj Lazarit (situé à l’entrée du village) : le mieux restauré de tous les forts

L’arsenal est fondé sur les ordres de Mourad III Bey à la fin du XVIIe siècle. Il est constitué de 17 galeries voûtées en berceau servant de remises pour les vaisseaux de guerre. Le chantier naval est alors doté d’un oratoire et de deux bagnes pour les esclaves. À l’est s’élèvent les ateliers des calfateurs, des charpentiers, des forgerons et des fabricants d’armes. Il fut petit à petit abandonné jusqu’à devenir un amas de ruines en 1984. Les travaux de restauration ont cependant permis la réfection de l’ensemble des galeries, d’une partie des arcades et la consolidation du fronton et de sa décoration inspirée de l’art anatolien de l’époque.

Les trois forts datent tous de l’époque ottomane, leur construction remontant aux environs de 1650. Historiquement, ils servent de bagne pour les esclaves faits prisonniers par les corsaires lors d’attaques en mer.

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Borj El Wistani (surplombant le vieux port) : le plus ancien des trois forts et le moins bien restauré (2007)

Sous l’impulsion des ingénieurs morisques, la fortification du XVIIe siècle adopte la technique de la « maçonnerie creuse » qui apparaît comme la principale caractéristique de cette nouvelle école. Les forts de Ghar El melh figurent parmi leurs œuvres[3]. Le premier fort, situé à l’entrée du village et édifié en 1659 sous les ordres d’Hammouda Pacha Bey, est appelé Borj Lazarit par les habitants. Il est entouré de toutes parts d’un large fossé. Il a servi durant tout le XIXe siècle comme lieu de quarantaine. Le deuxième fort ou Borj El Wistani, achevé en 1640 sous la conduite de l’architecte andalous Hadj Moussa Jamiro al-Andaloussi al-Garnati, est utilisé comme prison, lycée puis lieu d’habitation. Le troisième fort ou Borj El Loutani, achevé en 1659, donne sur le vieux port. Il a été utilisé comme garnison et comme prison.

Ces trois forteresses ont subi des transformations et une forte dégradation à la suite de leur transformation en prison civile (karraka), probablement dès 1881, date du début du protectorat français de Tunisie. En 1922, les trois forts sont classés monuments historiques. En 1964, ils cessent d’être des prisons et sont désaffectés. Le gouvernement tunisien a entrepris, à partir de 1990, un vaste programme de restauration et de mise en valeur de ces monuments.

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Borj El Loutani (en bas du village) près du vieux port

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