Tunisie: Les ex-responsables RCD exclus pendant 10 ans

Le gouvernement provisoire tunisien a décidé de limiter à 10 ans la période durant laquelle les anciens responsables du régime de Ben Ali seront interdits de candidature aux élections, a annoncé mardi le premier ministre Béji Caïd Essebsi.

Un projet de nouveau code électoral, adopté il y a environ deux semaines par la Haute commission consultative chargée des réformes politiques et de la transition démocratique, proposait d’étendre la période d’exclusion des ex-dirigeants à 23 ans, soit depuis l’accession au pouvoir de l’ancien président qui a fui le 14 janvier en Arabie Saoudite.

Le premier ministre a expliqué lors d’une conférence de presse que le gouvernement provisoire avait jugé après mûre réflexion qu’une exclusion s’étalant sur 23 ans n’était pas raisonnable et reviendrait à mettre hors circuit près de la moitié du peuple tunisien.

Après réflexion, le gouvernement a adopté la limite de dix ans. Nous avons estimé que 23 ans n’était pas logique. Il y a des responsables du RCD qui ont été réprimés par l’ancien régime », a notamment déclaré M. Béji Caïd Essebsi lors d’une conférence de presse.

Selon lui, la décision va dans le sens de l’esprit tunisien fondé sur la modération, la tolérance et le juste milieu.

Béji Caïd Essebsi a précisé qu’une liste des personnes devant être exclues serait établie par un décret-loi du président par intérim Fouad Mébazzaâ.

Il a cité les membres du cabinet de Ben Ali, ses conseillers et tous ceux qui ont participé à la prise des décisions dans la sphère présidentielle. Il a également mentionné les personnes qui ont assumé des responsabilités au sein de l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), qui écrasait de tout son poids la scène politique tunisienne.

Le premier ministre tunisien a, en revanche, fait état du maintien de la parité entre hommes et femmes dans les listes pour le scrutin prévu le 24 juillet en vue de l’élection d’une assemblée constituante, une mesure qu’il a qualifiée de «révolutionnaire».

La proposition paritaire faite dans ce sens par la Haute commission avait été jugée dans un premier temps «irréaliste» et susceptible de léser bon nombre des 50 partis légaux, la plupart étant de création récente.
Le débat avait été vif au sein de la Haute commission sur cette disposition, certains voulant placer la barre aux dix dernières années, mais lors du vote les tenants de la période complète du règne de Ben Ali depuis 1987 l’avaient emporté.
Source: www.journalmetro.com & Le Figaro