Des manifestations a la Kasbah malgré la démission du premier ministre

Les manifestants ont poursuivi ce lundi un sit-in à la Kasbah de Tunis, malgré l’annonce de la démission du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi la veille. Ils revendiquent essentiellement « la dissolution du gouvernement provisoire » et la « la mise en place d’une assemblée constituante et la dissolution des Chambres des députés et des conseillers », « la proclamation d’un régime parlementaire » et « la suspension des trois commissions nationales ».

Les manifestants ont affirmé, à travers leur slogan

« Sit-in ouvert jusqu’à la chute du régime »

et qu’ils poursuivront la manifestation jusqu’à la satisfaction de toutes leurs demandes qu’ils considèrent comme légitimes.

La Kasbah de Tunis lors des manifestations du samedi 25 fevrier 2011
La Kasbah de Tunis lors des manifestations du samedi 25 fevrier 2011

Les manifestants de la Kasbah ont fait part de leur mécontentement de la nomination de M. Béji Caïd Essebsi à la tête du gouvernement, une des anciennes figures, ont-il ajouté, qui a collaboré avec les deux anciens présidents qu’ils qualifient de dictateurs.

Un des membres du comité d’organisation du sit-in a indiqué que ce qui s’est passé n’est qu’une parodie pour contourner les autres revendications des manifestants, précisant que « le peuple en a assez des anesthésiants, vestiges de l’ancien régime ».

Orca Mar

Tap

M. Beji Caid Essebsi nommé Premier ministre

M. Foued Mebazaa, président de la République par intérim, s’est adressé, dimanche soir, par une allocution au peuple tunisien, dans laquelle il a annoncé sa décision de nommer M. Béji Caïd Essebsi au poste de Premier ministre, suite à la démission de M. Mohamed Ghannouchi.

Il a déclaré avoir été surpris par la démission de M. Ghannouchi, démission qu’il a acceptée devant son insistance et sa détermination à le faire.

Le président de la République par intérim a exprimé ses remerciements à M. Ghannouchi pour tous les efforts déployés et pour son dévouement au service de la Tunisie en cette conjoncture délicate que traverse le pays.

Compte tenu de son attachement aux intérêts de la Tunisie et en vue de garantir la continuité de l’Etat, toutes institutions confondues, il a ajouté avoir demandé à M. Béji Caïd Essebsi le poste de Premier ministre, responsabilité qu’il a acceptée, mettant en valeur le patriotisme et la fidélité à la patrie qui distinguent le nouveau Premier ministre.

Béji Caïd Essebsi
Béji Caïd Essebsi

M. Caïd Essebsi est un avocat de formation et a été un compagnon de route de Habib Bourguiba.

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M. Foued Mebazaa a, d’autre part, annoncé qu’il s’adressera dans quelques jours au peuple tunisien pour lui présenter la feuille de route de l’étape à venir, à la lumière des propositions devant être avancées par la comité supérieur de réalisation des objectifs de la révolution et de réforme politique.

Il a, en conclusion, fait part de ses remerciements et de sa considération à tous ceux qui ont déployé des efforts pour que la Tunisie demeure toujours digne, exhortant toutes les parties à faire preuve de calme et d’objectivité, et d’oeuvrer à sortir le pays du chaos.

Le Premier ministre Ghannouchi a annoncé sa démission

Le premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, dont les manifestants réclamaient le départ, a annoncé dimanche sa démission au cours d’une conférence de presse à Tunis.

« J’ai décidé de démissionner de ma fonction de Premier ministre », a déclaré M. Ghannouchi.

Il avait pris les rênes d’un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Ben Ali, chassé par la pression de la rue.

Il a declaré pour expliquer sa decision:

« je ne serai pas le Premier ministre de la répression. Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes »

Des manifestations à Tunis réclamaient son départ depuis plusieurs jours. Les opposants lui reprochaient d’être trop proche de l’ancien président Ben Ali et de ne pas mettre en oeuvre des réformes.

Ces journées de contestations et de violences dans la capitale tunisienne ont occasionné la mort de cinq personnes et des dizaines de blessés.

Le 25 février, une manifestation de masse, estimés à quelque 100.000 personnes, avait envahi le centre de Tunis pour réclamer le départ de son gouvernement. Et l’annonce de la tenue d’élections en juillet n’avait pas calmé les protestataires.

Mohamed Ghannouchi
Mohamed Ghannouchi