L’operation sirene pour isoler Kadhafi

Les rebelles ont lancé, samedi 20 aout, une opération baptisée «opération sirène» sur la capitale libyenne, Tripoli, pour isoler le colonel Mouammar Kadhafi et le faire chuter après six mois de guerre dans le pays.

Mouammar Kadhafi
Mouammar Kadhafi

Cette opération se déroule en coordination entre le CNT et les combattants rebelles dans et autour de Tripoli. L’OTAN est également impliquée dans l’opération », a précisé M. Jibril. « Nous estimons que cette opération devrait durer encore plusieurs jours jusqu’à ce que Kadhafi soit assiégé », a-t-il expliqué. « Nous prévoyons deux scénarios : qu’il se rende, ou qu’il s’échappe de la ville. Au cas où il exprime son souhait de quitter la Libye, nous accueillerons positivement cette proposition et nous l’accepterons », a enfin indiqué le porte-parole des rebelles. « L’heure H a sonné. Les rebelles se sont soulevés à Tripoli », a pour sa part déclaré Abdel Hafiz Ghoga, vice-président du CNT, tandis que Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, affirmait dès samedi que la fin du colonel Kadhafi était « très proche ».

Ces déclarations interviennent alors que, sur le terrain, les combats se rapprochent de plus en plus de la capitale.  Un peu après 4 heures du matin  Tripoli a été secouée par quatre puissantes explosions. Des détonations ont été entendues depuis le centre de la capitale libyenne survolée par des avions, sans qu’il soit possible, de déterminer les cibles visés.

Plusieurs explosions et des échanges de tirs nourris ont également retenti dans la nuit de samedi à dimanche et plusieurs quartiers ont été le théâtre de violents affrontements entre des insurgés et des forces loyales au régime du colonel Mouammar Kadhafi.

Le président du CNT craint «une véritable boucherie»

«Je m’attends à une fin catastrophique pour lui et les siens. Je m’attends aussi à ce qu’il créé une situation d’anarchie dans Tripoli. J’espère que je me trompe», a-t-il ajouté appelant les habitants de la capitale à «protéger la vie et les biens de la population», mais également à «protéger les institutions et les biens publics».

Il a aussi appelé les combattants rebelles à ne pas piller et «à protéger et à traiter avec justice» les soldats du régime qui seront faits prisonniers ou se rendront. Interrogé sur la bataille de Tripoli par un quotidien panarabe, il avait reconnu, il y a quelques jours, craindre «une véritable boucherie au vu du comportement de de Kadhafi».

Kadhafi fustige les « agents de Sarkozy »

Le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, a confirmé des «petits affrontements» dans des quartiers comme Tajoura, Soug Jomaa ou Ben Achour, non loin du centre de la capitale. Mais il a assuré que les volontaires et les forces libyennes étaient venus à bout des insurgés qui s’étaient «inflitrés» dans la capitale et que des affrontements avaient eu lieu seulement pendant une demi-heure.

Mouammar Kadhafi est également intervenu dans un message sonore diffusé à la télévision pour se féliciter de l’échec de l’attaque des insurgés. « Ces rats ont été attaqués par la population cette nuit et nous les avons éliminés », a-t-il déclaré. Quant aux frappes aériennes opérées par l’OTAN, le dirigeant libyen en a minimisé la portée : « le bruit des feux d’artifice est plus fort que celui des bombes lancées par l’aviation ».

Le colonel Kadhafi a encore appelé ses fidèles à résister:

« Il faut mettre fin à cette mascarade. Vous devez marcher par millions pour libérer les villes détruites » par la rébellion, a-t-il déclaré, dénonçant l’aide de la France aux rebelles, considérés comme « des agents de Sarkozy qui veut prendre le pétrole libyen ». « Pour réussir dans les prochaines élections, Sarkozy va dire à son peuple : voilà je vous offre le pétrole libyen », a affirmé Kadhafi. « Mais le peuple libyen ne permettra pas à la France de prendre son pétrole ou de laisser la Libye aux traîtres », a-t-il dit.

La télévision d’Etat a montré dans la nuit de samedi à dimanche Saif al Islam, l’un des fils du dirigeant libyen, s’adressant à une assemblée de jeunes.

« La révolte en Libye va échouer. Nous ne nous rendrons jamais ni ne brandirons le drapeau blanc, c’est impossible. C’est notre pays et nous ne le quitterons jamais », a-t-il prévenu.

Saif al Islam
Saif al Islam

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