01/10/1985 ,24 ans après l’agression contre notre pays…

J’avais 8 ans à cette époque et je m’en souviens quand même de cet évènement qui a ébranlé et surpris notre société à l’époque.
Le 1er octobre, l’aviation sioniste israélienne – 8 mirages volant à bassealtitude- bombardait le quartier général de l’OLP à Hammam Lif, à 35 kmau sud de Tunis et à 2,400 km de ses bases, manquant de peu le chef del’organisation Yasser Arafat et faisant 73 morts et de nombreux blessés.

Voici quelques déclarations internationales après cette agression :

Position officielle de l’ONU Conseil de sécurité Résolution 573 (1985) Le Conseil de sécurité Ayantexaminé la lettre en date du 1er octobre 1985, par laquelle la Tunisiea porté plainte contre Israël à la suite de l’acte d’agression commispar ce dernier contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de laTunisie Ayant entendu la déclaration du ministre des affaires étrangères de la Tunisie, Ayantnoté avec préoccupation que l’attaque israélienne a causé de nombreusespertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables. Considérantque, aux termes du paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des NationsUnies, les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leursrelations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de laforce, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politiquede tout Etat, soit d’agir de toute autre manière incompatible avec lesbuts des Nations Unies, Gravementpréoccupé par la menace à la paix et à la sécurité dans la régionméditerranéenne causée par l’attaque aérienne perpétrée le 1er octobre1985 par Israël dans la zone d’Hammam Plage, dans la banlieue sud deTunis, Appelantl’attention sur les graves conséquences que l’agression menée parIsraël et tous les actes contraires à la Charte ne peuvent manquerd’engendrer pour toute initiative ayant pour objectif l’instaurationd’une paix d’ensemble juste et durable au Moyen-Orient, Considérant que le gouvernement israélien a revendiqué la responsabilité de l’attaque dès que celle-ci s’est produite, Condamneénergiquement l’acte d’agression armée perpétrée par Israël contre leterritoire tunisien, en violation flagrante de la Charte des NationsUnies et du droit et des normes de conduite internationaux ; Exige qu’Israël s’abstienne de perpétrer de tels actes d’agression ou de menacer de le faire ; Demandeinstamment aux Etats Membres de prendre des mesures pour dissuaderIsraël de recourir à de tels actes contre la souveraineté etl’intégrité territoriale de tous les Etats ; Estimeque la Tunisie a droit à des réparations appropriées comme suite auxpertes en vies humaines et aux dégâts matériels dont elle a été victimeet dont Israël a reconnu être responsable ; Priele Secrétaire général de faire rapport au Conseil de sécurité le 30novembre 1985 au plus tard sur l’application de la présente résolution Décide de rester saisi de la question

Positions officielles des états :

L’Etat Hébreu

« Pour ce qui est de la souveraineté…, l’OLP a une baseextraterritoriale en Tunisie à partir de laquelle elle mène sesopérations de terrorisme. Nous n’avons visé que cette base et aucuneautre installation, bâtiment ou zone. Mais, à part cela, un pays nepeut prétendre à la protection de sa souveraineté lorsqu’il offresciemment une partie de son territoire à des terroristes qui vont agircontre d’autres nations, et c’est exactement ce qui s’est passé enl’occurrence. La Tunisie savait fort bien ce qui se tramait dans cettebase extraterritoriale, la planification qui s’y faisait, les missionsqui étaient lancées à partir de ce siège et l’objet de ces missions, àsavoir des attaques répétées contre mon pays et contre des civilsinnocents partout dans le monde… Aucun gouvernement ne sauraitprétendre à la protection de sa souveraineté quand il fournit de tellesinstallations, spécialement quand elles sont consacrées à des activitésdirigées contre l’Etat qui doit se protéger[…]. Si donc la question dela proportionnalité est soulevée, nous devons tenir compte nonseulement des milliers de victimes déjà tombées mais encore desmilliers d’autres victimes qui tomberont », (4 octobre 1985, S/PV.2615,§§ 193 – 194).


Tunisie

«Premièrement, ce n’est pas l’état-major militaire de l’OLP qui a étéattaqué … mais bien une zone urbaine… Quant à la prétendue Force 17, àlaquelle on a imputé l’attentat de Lanarca, elle stationneraitailleurs, de l’aveu même des officiels israéliens. […] Deuxièmement, ilest exact que la direction palestinienne bénéficie de l’hospitalité dela Tunisie…La Tunisie n’est pas devenue pour autant une base militaire,à fortiori une base terroriste. Aucun acte de terrorisme n’a étéperpétré à partir de son territoire. Aucun ressortissant tunisien n’aété impliqué. […] Troisièmement, il est pour le moins abusif d’invoquerun article de la Charte dans un sens diamétralement opposé à celui quiest indubitablement le sien. En effet, l’article 51 accorde à un Etatmembre le droit naturel de légitime défense dans le cas précis où ilest « l’objet d’une agression armée ». De quelle agression armées’agit-il en l’occurrence ? est-ce une agression armée tunisiennecontre Israël ? il est évident qu’en l’état actuel des rapports deforce, cela ne peut être qu’exclu. Mais il s’agit bien d’une agressionarmée israélienne, revendiquée officiellement par le gouvernementisraélien, contre laquelle malheureusement la Tunisie n’a d’autre moyende riposter que dans le cadre du droit que lui concède la Charte poursa légitime défense », (4 octobre 1985, S/PV.2615, §§ 183 à 185)

Nigeria «Le raid aérien israélien contre la Tunisie montre clairement la volontéimpulsive du gouvernement de Tel-Aviv de recourir à la force brutaledans la poursuite de ses objectifs sans se préoccuper de savoir si unetelle mesure contredit ou non les normes reconnues du comportement desEtats civilisés et si elle est ou non conforme aux principes de laCharte. Nous condamnons sans réserve les vaines tentatives dugouvernement israélien de justifier cette attaque sordide et cetteviolation des principes de la souveraineté d’un Etat en insistant surle fait que cette attaque visait non pas les Tunisiens mais le siège del’OLP», (4 octobre 1985, S/PV.2615, §§ 8 – 9).

République démocratique allemande

«Comme le président de notre groupe régional, l’ambassadeur Oudovenko,l’a justement souligné hier, cette nouvelle attaque israélienne n’estqu’un maillon de plus dans la chaîne des nombreux actes d’agression etde terrorisme d’Israël et une nouvelle preuve de son mépris flagrant detoutes les normes de droit international et des principes de la Chartedes Nations Unies », (4 octobre 1985, S/PV.2615, §§ 21).

Yougoslavie

«On nous dit que cette attaque a été menée dans le cadre de la légitimedéfense. Il faut rappeler à notre avis que la Charte ne saurait êtreinterprétée en fonction de l’inspiration du moment ou des intérêts oudes fantaisies d’une puissance quelle qu’elle soit. Pareille logiqueconduirait à l’anarchie, car cela justifierait le recours à la force etnous ramènerait à la politique de « la force prime le droit » avectoutes les conséquences qui en découleraient pour l’indépendance detous. Je dirai une fois encore que toute agression est illégale etqu’on ne saurait accepter des concessions à cet égard pour quelquepuissance que ce soit ou introduire des règles nouvelles dans quelquerégion que ce soit.Le bombardement non provoqué de Tunis, capitale d’unEtat non aligné et épris de paix qui, depuis son accession àl’indépendance, a donné la preuve de son attachement aux principes dela coexistence pacifique, est le démenti le plus frappant apporté àl’idée selon laquelle des changements positifs seraient apportés à lapolitique d’Israël », (4 octobre 1985, S/PV.2615, §§ 31 à 33).

Indonésie

«Laquestion est dès lors de savoir si la communauté internationale estdisposée à s’accommoder d’une politique d’agression contre n’importequel Etat où pourraient résider des palestiniens. Ni les circonstancesni le caractère des événements ne sont contestés, pas plus que ne lesont d’ailleurs les normes de droit international et de comportementcivilisé qui ont été violées de manière flagrante», (4 octobre 1985,S/PV.2615, §§ 61 – 62).

Nicaragua

«Pouressayer de justifier cette attaque le président Reagan a déclaré queles nations avaient le droit de commettre des actes de représaillescontre les terroristes, justifiant ainsi le terrorisme d’Etat etfaisant fi du droit qu’on les peuples de décider de leur propre destinen dépit de ceux qui refusent de reconnaître les changements exigés parl’histoire et la réalité. […] Le concept de légitime défense existedepuis bien longtemps et a été dûment défini par la jurisprudence et ledroit international. Aujourd’hui, hélas pour tout le monde, quelquesavocats sans grand talent prétendent, par leurs sophismes et leursinterprétations fantasques, justifier juridiquement et moralement lesactes barbares comme ceux qui se sont produits en Tunisie en Angola etau Nicaragua», (4 octobre 1985, S/PV.2615, §§ 75 – 79).

Organisation de la Conférence islamique (OCI)

«Lefaible prétexte selon lequel cette attaque n’était qu’une mesure dereprésailles en raison de l’assassinat de trois israéliens à Chypre nerésiste à aucun examen objectif. Il suffit de noter que l’OLP a déclinétoute responsabilité pour ces assassinats… Il est donc clair quel’incident de Chypre a servi de prétexte pour justifier une attaquepréméditée et planifiée contre la souveraineté d’un Etat membre afin defaire obstacle à tout progrès vers la paix au Moyen-Orient […] Le crimesioniste d’agression flagrante et non provoquée sape la base même dudroit et de la morale internationaux », (4 octobre 1985, S/PV.2615, §§87 – 93).

Malte

«Enfin, aucun pays ne peut prétendre se faire justice à lui-même nijustifier de tels actes d’agression. Aucune exception aucunejustification ne saurait être acceptée. Les renseignements dont nousdisposons ne permettent pas que l’on invoque de telles excuses », (4octobre 1985, S/PV.2615, § 110).

Mauritanie

«LeConseil se réunit aujourd’hui à la demande de la Tunisie, pays frère,afin de débattre d’une agression israélienne traîtresse contre lasouveraineté et l’intégrité territoriale de ce pays. La Tunisie estEtat membre indépendant, un Etat connu pour sa sagesse, son pacifismeet sa neutralité positive. La Mauritanie condamne avec la plus grandevigueur cette agression israélienne et estime qu’elle est contraire auxrègles et coutumes internationales », (4 octobre 1985, S/PV.2615, §120).

Bengladesh

«L’attaque israélienne non provoquée contre un Etat Membre épris de paixet souverain ne peut se fonder sur aucune justification morale oujuridique. Elle témoigne au contraire, de l’intransigeance et del’arrogance d’Israël et de son total mépris des buts et principes de laCharte. Nous ne saurions accepter l’argument d’Israël, étayé sur sapropre conception de la légitime défense, selon lequel il a le droitd’attaquer tout Etat à tout moment», (4 octobre 1985, S/PV.2615, § 134).

Arabie saoudite

«Lemotif invoqué est un faux prétexte et les justifications avancées ontsecoué la conscience de l’humanité. Un Etat Membre a attaqué avec desappareils de guerre la terre et la population d’un autre Etat Membresous prétexte de se venger d’actes qui se sont produits dans un paystiers. Existe-t-il même dans la loi de la jungle, règle plus dangereusepour la communauté internationale ? », (4 octobre 1985, S/PV.2615, §145).

Vietnam

«Le monde entier est consterné et indigné devant le raid debombardements effectué de sang-froid et sans provocation aucune parIsraël contre un quartier populeux de Tunis, capitale de la RépubliqueTunisienne, pays indépendant et souverain, Membre de l’Organisation desNations Unies. Rien ne saurait justifier un tel acte, commis enviolation flagrante des règles du droit international et des principesde la Charte. En dépit d’une opinion lamentablement isolée etdiscordante le qualifiant de légitime défense et d’acte d’autodéfense,l’opinion internationale clairvoyante l’a, quant à elle, unanimementqualifié d’acte criminel d’agression et de terrorisme international »,(4 octobre 1985, S/PV.2615, § 175).

Canada

«Canada has been, through the years, a strong and good friend of theState of Israel and we always will be….It is precisely because of thestrength of that friendship that we feel compelled to deplore thebombing in Tunis», (déclaration du secrétaire d’Etat aux affairesétrangères au cours des débats devant la House of Commons, cité inMaureen Irish, et A.L.C. de Mestral, “Canadian Practice inInternational Law during 1985/ La pratique canadienne en matière dedroit international public en 1985”, C.Y.I.L., 1986, p. 441).

Etats-Unis

«Despite our deep and abiding friendship for the Tunisian government andpeople, my government cannot support this resolution […] We must beabsolutely explicit in identifying the real threat all civilizedpeoples are facing. That threat is terrorism… […] We, however,recognize and strongly support the principle that a state subjected tocontinuing terrorist attacks may respond with appropriate use of forceto defend against further attacks. This is an aspect of the inherentright of self-defense recognized in the United Nations Charter. Wesupport this principle regardless of attacker and regardless of victim.It is the collective responsibility of sovereign states to see thatterrorism enjoys no sanctuary, no safe heaven, and that those whopractice it have no immunity from the responses their acts warrant.Moreover, it is the responsibility of each state to take appropriatesteps to prevent persons or groups within its sovereign territory fromperpetrating such acts. In view of the number of countries in thisorganization that have suffered from the scourge of terrorism, we findit surprising that this Council has not forthrightly censured otheracts of terrorism that have resulted in violent responses. Until theworld community is prepared to resolutely face and eliminate theproblem of terrorism, the pattern of violence will continue»,(déclaration du représentant permanent des Etats-Unis auprès desNations Unies, cité in Marian Nash Leich, « Contemporary practice ofthe United States relating to International Law», A.J.I.L., 1986, vol.80 n°1, pp. 166

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