Tunisie : Salamandre - Tunisie

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Salamandre Un nouveau conte signé nidhalgo.

Posté jeudi 10 décembre 2009 à 11:10 (#1) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Prélude

C'était un jour de printemps. Dans une forêt l'on pouvait entendre des sons d'instruments, des aboiements au loin, ainsi que des galops métalliques de nombreux chevaux. Un cor de chasse se faisait entendre. Un groupe de quelques cavaliers, portant des tenues de chasse pourpres et des capes violettes, menés par un autre cavalier, plus majestueux et lumineux que son escorte, sortirent des bois. Ils s'arrêtèrent net devant un petit ruisseau. Le meneur enleva son casque et de longs cheveux noirs soyeux s'en libérèrent. Il n'était autre qu'une femme d'une grande beauté. Elle observit l'un de ses subalternes avec ses yeux cristalins en gardant une expression neutre.

"Lespierre, pourquoi avez-vous fait sonner le cor de chasse? Vous avez effrayé notre gibier, dit-elle d'une voix calme.
- Milles excuses votre majesté!"

A peine eut-il répondu qu'elle se détourna. Elle remarqua le pauvre animal caché derrière un buisson. Toujours aussi calme et neutre, elle retira une flèche de son carquois, pris son arc et tira sur le buisson. L'animal hurla de douleur et tomba net, hors du buisson.

"Lespierre, vous avez de la chance que notre gibier ne soit pas parti bien loin. Allez le chercher maintenant, déclara-t-elle, avec un sang froid digne de sa position royale.
- Oui, Reine Salamandre.

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Posté jeudi 10 décembre 2009 à 15:26 (#2) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Prélude (suite et fin)


De ce pas, Lespierre alla chercher le gibier. Pendant ce temps, la reine Salamandre observait l'horizon en inspirant l'air qui l'entoure. Ces cheveux noirs soyeux lui tombaient jusqu'au bas du dos, enveloppé d'une armure blanche et d'une cape violette. C'était une jeune et belle femme, gracieuse et noble. Elle était célèbre pour son calme à toute épreuve, pour sa précision au tir à l'arc, mais aussi pour son incroyable intelligence. Elle était aimée et respectée de tout son peuple. De tout son royaume, personne ne ressentait d'autre sentiment que l'amour et le respect. Cependant, tout cet amour et tout ce respect ne semblait pas l'atteindre, ni enlever un peu de la tristesse qui se dessinait toujours sur son visage.

Les cavaliers rentrèrent au palais menés par leur reine, puis empruntèrent le chemin de leurs quartiers, pendant que la reine descendait de son cheval blanc. Dès qu'elle entra au palais, une domestique souriante vint l'aborder :

"Bienvenue votre majesté. La chasse a été bonne?
- Oui, comme toujours. Où est le roi?", interrogea Salamandre.
Le sourire de la domestique disparu et elle baissa la tête.
"A la salle du trône, votre majesté", dit-elle appeurée.

Un sentiment de colère emplit Salamandre. D'un pas vif et ferme, elle se dirigea vers la salle du trône, poussa la porte de toutes ses forces et s'arrêta brusquement à la vue du spectacle qui se tenait devant elle. Elle vit un grand homme au crâne rasé assis sur le trône et sur ses genoux une jeune domestique dénudée.

"Oh! Voilà l'héroïque grande chasseresse du royaume!, dit-il en ricanant.
- Vous ne pouviez pas faire vos petites besognes animales ailleurs que sur le trône de mon père?
- le trône de votre père? C'est moi le roi maintenant! Moi, Caleb et je fais ce que je veux, où je le veux et quand je le veux! Ma parole est sacrée dans ce royaume!, hurla-t-il
- Que c'est pitoyable! On croirait entendre un enfant gâté."

Caleb repoussa la domestique parterre et se leva d'un bond.

"C'est de votre faute! Vous m'humiliez chaque jour! La chasse est un travail d'homme, la littérature et la philosophie le sont aussi! Votre place, femme, est soit dans la court, soit dans le lit. Cette domestique est meilleure que vous ne l'êtes, dit-il avec sècheresse et méchanceté.
- Pourquoi ne l'épouseriez-vous pas alors? Vous formeriez un beau couple.
- Je regrette amèrement le jour où je vous ai connu, Salamandre!
- Et moi, je regrette d'avoir aimé un chien errant."

Et avec son éternel noblesse, elle quitta la salle du trône et se dirigea vers ses quartiers. Entrée dans sa chambre, les larmes qu'elle s'efforçait de de contenir jaillirent...

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Posté jeudi 10 décembre 2009 à 17:35 (#3) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Interlude


Quelques mois plus tard, le roi Caleb réuit un conseil de guerre pour une campagne qui va durer quatre ans contre les Contrées de l'Est. Il pris une troupe de 25 000 hommes avec lui. Pendant tout ce temps, la reine Salamandre restait seule dirigeante du royaume de Freyrad...

Quatre années passèrent et le roi Caleb rentrait à Freyrad de sa dernière bataille...

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Posté vendredi 11 décembre 2009 à 11:23 (#4) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 1: Ténèbres


Quatre années étaient passées. Quatre longues années passèrent après que le roi Caleb avait pris le chemin vers les Contrées de l'Est. Pendant tout ce temps, la reine Salamandre était restée seule sans son roi bien aimé. Elle avait entrepris un règne sans précédent ; elle avait diminué les impôts royaux, consolidé les alliances avec l'Empire Marchant de Abedession, en signant un traité permettant à celui-ci d'ouvrir plusieurs points de commerce dans tout Freyrad, accueilli le Saint Ordre d'Hordésibel, instaurant ainsi le calme et la sérénité dans le coeur de son peuple, et déterré les anciens accords de paix avec la reine succube Izmir, en lui accordant le contrôle total sur les prisonniers et les criminels incarcérés. Une proposition que la reine succube ne pouvait pas refuser ; au lieu de tuer ces hommes inutilement, elle pouvait en disposer pour enfanter et renforcer ces rangs de soldats beaux, obeissants et loyaux, comme toute succube qui se respecte. Toutes ces mesures ingénieuses permirent en ces quatre années de donner au royaume de Freyrad une position qu'aucun roi ou reine avant Salamandre n'ait pu atteindre. Pendant ces quatre longues années, Salamandre s'est investie totalement pour son royaume et pour sa sécurité. Grace à cette longue série de succès et surtout grâce à l'abscence de Caleb, la tristesse profonde qui hantait le coeur de Salamandre s'était presque effacé.

"Conseillers, quelles sont les nouvelles du jour?"

La reine Salamandre était assise sur le trône, entourée de ses quatre conseillers. Chacun d'eux avait des paquets de parchemins remlplis d'informations sur les actualités internes et externes au royaume. La reine portait sa longue robe de velours noire et violette. En ces quatre longues années, elle n'avait pas pris une seule ride. Bien au contraire, elle avait rajeuni et son visage, autrefois triste et livide, avait pris des couleurs. Ses yeux autrefois larmoyants, rugissaient dénergie et de force. En ce jour même, elle ressemblait à son père, le plus grand roi guerrier de toute l'histoire de Freyrad, forte, subtile et d'un charme d'une noblesse indescriptible.

"Ma reine, Izmir vous envoie ses humbles remerciements pour les hommes que vous lui avez offert et voudrait vous offrir une collections de potions secrètes de charme en retour.
- Bien. Quoi d'autre?
- Le taux de criminalité a chuté à zéro depuis peu et tous nos sujets ont un travail.
- Des nouvelles réjouissantes. Et les mauvaises nouvelles?
- Eh bien... Les Hordes du Nord, commandées par le barbare Oglad, sont en train de marcher vers la Cité d'Emeraude pour détruire le royaume d'Izmir. On raconte qu'elle a aussi un problème avec l'Ordre des Sorciers de l'Ombre. Devons-nous réagir?
- Qu'en dit la reine Izmir?
- Selon nos renseignements, elle a arrangé un conseil de guerre pour demain. Cependant, nous ne sommes pas invités.
- Toujours aussi sûre d'elle... Quoi d'autre?
- Le roi Caleb a envoyé un messager. Il a remporté la victoire et est sur le chemin du retour. Il devrait arriver dans une dizaine de jours."

Une double sensation traversa le corps de Salamandre. Elle était à la fois heureuse de retrouver son bien-aimé, mais en même temps, elle ressentait de la tristesse.

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Posté vendredi 11 décembre 2009 à 15:35 (#5) L'utilisateur est hors-ligne   ORCA 

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Ca promet j'espère que cette fois ci tu iras jusqu'au bout, j'ai bien envie de connaitre la suite.
Life is short, Break the rules, Forgive quickly, Kiss slowly, Love truly, Laugh uncontrollably, And never regret anything that made you smile.
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Posté vendredi 11 décembre 2009 à 16:10 (#6) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 1: Ténèbres (suite)


Quelque soit la sensation qu'elle pouvait ressentir, Salamandre avait le don de ne rien laisser entrevoir. Elle était une reine avant d'être une femme. Elle répondit impassiblement, bien qu'elle était bouleversée par la nouvelle du retour de son bien-aimé.

"Y a-t-il encore d'autres nouvelles à l'ordre du jour?", demanda-t-elle, neutre.
- Oui, votre Majesté. Selon nos éclaireurs, le roi rentre avec seulement quatorze hommes. Le reste de ses troupes seraient soit grièvement blessées, soit décédées...
- Je voudrai en obtenir un rapport détaillé, conseiller.
- Oui, Madame. Durant la guerre contre l'Est, nos armées auraient subis de lourdes pertes, soit 11 429 morts et 9000 blessés au total..
- Pourrait-on ramener les corps des soldats pour les funérailles?
- Le roi a fait brulé les cadavres.
- Et les blessés?
- Nous n'en savons rien. Le roi les a abandonné à leur triste sort. Le roi n'a vaiment pas de coeur.
- Cessez de parler ainsi! C'est votre roi! Quelques soient ses décisions, vous vous devez de les respecter. Est-ce clair?
- Oui, Majesté. Pardonnez mon insolence.
- Autre chose?
- Non Majesté.
- Bien, dans ce cas, veuillez préparer une fête d'accueil pour nos hommes victorieux et informez les familles des défunts. Ce sera tout. Oh et envoyez des éclaireurs pour nous informer de l'avancée de ce Oglad et de ses hommes. Grâce à cela, nous pourrons informer notre allié. Vous pouvez disposer.

Lorsque les conseillers quittèrent la salle du trône, Salamandre partit furtivement derrière le trône et tira une épée cachée. Un bruit mécanique se fit entendre et le trône glissa vers l'avant, dévoilant ainsi un escalier secret. La jeune reine descendit rapidement pour s'engouffrer dans les ténèbres du passage secret, pendant que le trône revenait lentement à son emplacement d'origine. Salamandre prit une torche et l'alluma. La lumière jaillissante dévoila un long couloir sombre, que la reine s'empressa de suivre. Au bout de quelques instants, elle arriva dans une pièce contenant une armoire, une table et une porte menant hors du palais. Elle déposit la torche, ouvrit l'armoire en sortit rapidement une armure d'amazone, une vieille cape usée et se déshabilla. Elle enfila promptement l'armure sur ses sous-vêtements, se couvrit de la cape et avant de refermer l'armoire, elle sortit un carquois rempli de flèches, un arc en bois et un petit glaive.
Après avoir vérifié que rien ne lui manquait, elle ouvrit la porte de la pièce et sortit du palais. Un cheval était attelé tout près.

"D'après le rapport des conseillers, Caleb ne devrait pas être loin du sud de Freyrad. On va voir si ce chien errant a une cicatrice ou deux sur son beau visage d'ange", dit-elle en riant de son air sombre.

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Posté vendredi 11 décembre 2009 à 17:20 (#7) L'utilisateur est hors-ligne   Dioxane 

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Küss dich selbst .. blute Farben.. greif nach Licht.. worauf warten...
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Posté vendredi 11 décembre 2009 à 18:27 (#8) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 1: Ténèbres (suite)


Salamandre grimpa sur sa monture et galoppa à toute vitesse, pendsant que le vent mouvait ses cheveux ténébreux, telles les vagues d'un océan. Elle traversa la forêt dans laquelle elle avait l'habitude de chasser, passa le pont de Keyr, là où son père lui appris l'art du tir à l'arc et de l'escrime, puis prit le sentier de Kendald, un des villages environnants. Elle voulait contourner les frontières de Freyrad, de peur d'être reconnue par ses sujets ou par ses gardes. Le dernier endroit où Caleb eut été aperçu était à trois heure de cheval de là où elle se trouvait. Salamandre se demandait pourquoi fallait-il à son poltron d'époux plusieurs jours pour arriver au palais, alors qu'il ne lui faudrait que quelques heures. Peut-être était-il épuisé par ses quatre années de guerre? Peut-être avait-il une blessure tellement grave qu'on ne pouvait le transporter qu'en faisant attention? Ou peut-être avait-il trop peur que ses sujets le voit trop affaibli? Toutes ces questions semblaient curieusement plaire à Salamandre. Même si elle l'aimait encore, malgré tous les tourments, malgré toutes les souffrances et tous les maux qu'elle a du endurer à cause de lui, une envie de le voir faible la réjouissait.

Quelques heures plus tard, elle atteignait le Col de Jugnard, point de frontière naturel entre le sud de Freyrad et l'Empire Marchand de Abedession. Elle scrutait l'horizon à la recherche de Caleb, mais elle ne put l'apercevoir.

"Dommage... Il s'est peut-être effrayé en voyant un lézard lui lécher les bottes et a pris la fuite, comme toujours", dit-elle avec une neutralité surprenante.
"Au moins, je pourrai observer le coucher de soleil d'ici et m'excercer à mieux tirer à l'arc."

A peine finit-elle sa phrase qu'un cri de douleur se fit entendre. Il venait de l'est, non loin de là. Elle descendit le Col pour repérer la scène. Derrière les rochers, elle aperçu six hommes armés, portant des capes pourpres et un blason de chat noir par dessus. Il s'agissait de soldats d'élite de la garde d'Izmir. Un grand homme se trouvait au centre. Salamandre se rapprocha un peu pour voir à quoi il ressemblait. C'était un homme de grande taille avec des cheveux courts et des cicatrices lui couvrant la peau. Il portait un vieux manteau blanc sale, dont les manches étaient déchirées, et un pantalon noir et large. Sa main droite se refermait sur la garde noire d'une longue épée émoussée et sanguinolante.

"Oglad! Déposez votre arme ou nous serions obligés de vous tuer.", cria l'un des soldats qui semblait être un officier.
- Tu n'as qu'à venir me la retirer, esclave de succube.
- C'est votre dernière chance Oglad.

Le barbare sourrit et leva son bras droit d'un coup vif. Un son comparable au retentissement du tonnerre se fit entendre, lorsque l'épée d'Oglad retomba sur le capitaine d'Izmir, lui tranchant son bras droit, le découpant ainsi comme une simple brindille.

"Tuez-le", crièrent les autres soldats.

En quelques coups, Oglad s'en débarassa. Salamandre était à la fois terrifiée par ce spectacle brutal et émerveillée par la force que possédait Oglad, aussi imposante que celle du dieu de la guerre lui-même. Oglad riait en découpant ses malheureux adversaires, sans retenu et sans scrupules. Le plus effrayant, c'est que même morts, il continuait à les ravager, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne restait de leur pauvres cadavres que le sang qui noyait les herbes environnantes.

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Posté samedi 12 décembre 2009 à 22:10 (#9) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 1: Ténèbres (suite et fin)


Salamandre était stupéfaite devant ce spectacle sanglant. Le grondement des coups du terrible barbare résonnaient encore dans ses oreilles.

"Ha! N'y a-t-il pas d'autres soldats? Heinh?", cria Oglad, avec une voix étrangement frustrée.
Il donna un coup de pied à une tête décapitée et fracassée qui roula quelques mètres plus loin.

"Et moi qui pensait que mes fausses rumeurs les feraient venir plus nombreux. Et pourtant, j'ai bien payé les éclaireurs pour qu'ils donnent de faux renseignements à leurs rois... Les temps ont changés, je dois l'avouer."

Qui l'eut cru? Oglad voulait se battre à lui seul contre les armées du royaume d'Emeraude. Salamandre n'était pas étonnée, vu le massacre qu'elle venait de voir. Si le barbare pouvait déchiqueter six soldats d'élite en quelques secondes, il n'aurait aucun mal à décimer toute une armée en un jour ou deux. Néanmoins, elle se sentit soulagée de ne pas être dans ligne de mire de ce monstre terrifiant et décida de ne point se joindre à la folie d'Izmir. Pourtant, elle se mit à sourire. Son imagination et ses rêveries commençaient à lui jouer des tours ; et si Oglad venait à affronter Caleb?

"Ce chien urinerait sur lui-même et fuirait la queue entre les jambes devant ce sauvage", se dit-elle en gloussant.

Elle étouffait tant bien que mal son rire pour ne pas se faire repérer par l'étrange énergumène. Quand elle se retourna pour regarder ce qu'il pouvait bien faire, elle s'aperçut qu'il était en train de partir, la grande épée émoussée sur son épaule droite. Elle remarqua un symbole sur son manteau qu'elle avait déjà vu auparavant : une tête de tigre rugissant. Pendant qu'il disparaissait dans le crépuscule, elle gravissait la petite montagne d'où elle était venue pour se remettre sur son cheval et aller chercher son indigne roi. Arrivée au sommet, elle apercevait au loin une douzaine de cavaliers menés par un seigneur qu'elle n'eut de difficulté à reconnaître. C'était Caleb. Elle le fixait au loin au sommet du col, pendant qu'il s'approchait des portes de la Cité. Les feux des torches de la Grande Porte éclairait les guerriers victorieux. Son regard ne se détournait de Caleb. Elle fut déçu de voir que son visage de séraphin n'avait aucune égratignure. Caleb avait l'air d'avoir pris beaucoup de poids prouvant qu'il n'avait pas pris part au combat et qu'il se prélassait surement sous sa tente royale à boire et à manger, pendant que ses sujets se faisaient tuer par milliers.

Entré dans la Cité, Caleb se dirigeait vers le Dragon Ronflant, une taverne reconnue la qualité de son vin, après avoir donné l'ordre à ses hommes de rentrer chez eux.

"Je suppose qu'il va rendre visite à sa famille", se dit Salamandre.

En effet, Caleb n'avait pas de sang noble et ses parents n'avait aucun titre nobiliaire. Son père est le gérant de la taverne et sa mère travaille dans les cuisines du Dragon Ronflant. Caleb n'était qu'un roturier, lorsque Salamandre, plus jeune, eut le coup de foudre pour lui et ne pensait qu'à lui nuit et jour et jour et nuit. Caleb était un homme à femmes depuis toujours. Toutes les femmes qui posaient leurs yeux sur lui étaient frappées par la foudre. En plus de cela, il était adroit tant pour l'escrime que pour les arts. Tout sauf un fils de tavernier. Salamandre dut enfreindre les lois et se mettre à dos toute sa famille et toute la court pour se marier avec son premier amour. Au prix de son amour, elle dut porter un lourd fardeau. Et pourtant, Caleb n'en était reconnaissant. Après son couronnement, il n'avait pour seul intérêt que le sien, donnait des ordres farfelus et mesquins et courtisait toute femme se trouvant sur son chemin. Salamandre était possédée par la force d'un amour redoutable et puissant, si puissant que toutes les mesquineries de son bien-aimé ne valaient presque rien à ses yeux, tant qu'il était avec elle, même si son coeur peu à peu s'effritait avec le temps.

"Il va y rester pour deux jours au moins. Il est temps que je rentre au palais. Ils doivent surement être en train de me chercher à l'heure qu'il est." Et Salamandre rebroussa chemin. Sur le chemin, elle entendait au loin des cris de joie et des applaudissements. Les quatorze cavaliers qui suivaient Caleb étaient rentrés chez eux pour retrouver enfin, après de longues années, leurs familles. Salamandre était triste. Caleb ne vint pas vers elle en premier. Elle se rassurait en se disant que ses parents étaient prioritaire et que si elle avait attendu quatre ans, elle pourrait attendre encore quelques jours. Caleb était sain et sauf et il était à Freyrad. Etant roi, il reviendrait à son palais tôt ou tard.

Trois jours passèrent et aucun signe de Caleb. Salamandre attendait dans la salle du trône. Elle s'efforçait de taire son impatience en lisant les rapports des éclaireurs, le résumé et les décisions d'Izmir pendant son conseil de guerre. Une coupe de vin à moitié pleine et une pomme rouge grignotée étaient posées tout près. Oglad n'était pas réapparu aux frontières de Freyrad et de Abedession depuis le retour de Caleb et Izmir n'avait pas encore pris de mesure consistante ; elle avait tout simplement renforcé les défenses de sa cité et mis en place un couvre feu à minuit. Elle ne semblait pas prendre la menace d'Oglad au sérieux. Pendant qu'elle finissait de lire les parchemins, elle entendit des applaudissements à l'extérieur du palais, ainsi que des cris de femmes et d'hommes acclamant le retour de leur despote.

"Enfin! Il est revenu à moi.", dit Salamandre soulagée.

Au bout de quelques minutes à faire son bellâtre et son coq devant le peuple de Freyrad, Caleb ouvrit enfin les portes de la salle du trône.

"Bien le bonjour Salamandre! Vous ai-je manqué?" dit Caleb avec un air narcissique.
- Oui mon roi, tu m'as manqué.

Le roi serra sa reine entre ses bras musclés et engraissés.

"Comme toute femme, je te manque... " en insistant fortement sur le "je".
- Après quatre années sans toi, tu oses me dire une chose pareille?
- Je plaisante... Tu me connais bien.

La reine et le roi s'assirent l'un à côté de l'autre sur leurs trônes respectifs.

"Alors? Comment s'est déroulée la guerre?
- On en parlera demain si tu veux bien... Je suis épuisé et vous me manquez terriblement. Voulez-vous que nous nous promenions à cheval, comme on le faisait autrefois?
- Oui!"

Salamandre n'y croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Ont ses quatre longues années rendu Caleb plus attentionné? Ce long moment lui a-t-il ouvert les yeux sur tous les efforts considérables et les sacrifices que Salamandre fit pour lui? Après cette douceur qui coulait dans les yeux de Caleb, Salamandre était prête à accorder un nouveau départ à leur relation.

Ils prirent tout deux le chemin vers la court. Deux chevaux les attendaient. Ils montèrent dessus et galopèrent loin du palais vers la forêt de chasse. Ils riaient tous deux en se regardant dans les yeux. Salamandre était heureuse. C'était la première fois depuis son mariage. Il s'arrêtèrent près d'un grand arbre et s'embrassèrent. Caleb avait pris le soin d'emmener avec lui une bouteille de leurs meilleurs vins, ainsi que deux coupes dorées. Il versait le vin dans la coupe de sa reine pendant qu'il la regardait, les yeux emplis de désir et de tendresse. C'était une après-midi magique pour Salamandre et le temps semblait passer à une vitesse fulgurante. Elle se retrouvait déjà dans les bras de son amoureux à regarder les étoiles et à repérer les constellations. Ils étaient loin de tout et de tous. Seuls, l'un avec l'autre. Salamandre avait le sentiment d'être enfin femme, de ne plus être Salamandre, reine de Freyrad...

Un petit rayon de soleil vint éclairer les yeux de Salamandre. Lorsqu'elle les ouvrit, elle se retrouva seule sous les couvertures près du grand arbre de la veille. "Où a bien pu passer Caleb?", se demandait-elle curieuse et agacée à la fois. Elle se leva et se couvrit son corps nu du manteau de Caleb qui se trouvait non loin de là. Caleb était en train de s'habiller promptement. On aurait dit qu'il était pressé.

"Caleb? Où vas-tu?
- Tu es réveillée? J'ai des affaires urgentes à régler dans les Contrées de l'Est. Je dois m'en aller tout de suite.
- De quelles affaires s'agit-il pour que tu abandonnes ta reine après tant d'années d'absence?"

Caleb se retourna, inspira profondément et dit avec un regard sombre : "Tu sais? Je suis né roturier et personne dans tout Freyrad ne me prend au sérieux, même si je suis le roi. Quelque soient mes ordres, ils obéissent mais ils se moquent de moi. Pour eux, il n'y en a que pour la grande reine Salamandre... Salamandre ceci, Salamandre cela... J'ai peut-être le titre, mais je ne l'ai obtenu que parce que c'est toi qui me l'a donné. Je veux être un vrai roi, un vrai de vrai.
- Mais tu es un vrai roi. Tu es le roi de Freyrad. Mon roi.
- Non, je suis seulement le toutou de la reine qui m'a mis un collier en or et m'a appelé roi, comme césar ou brutus, un nom de chien. Par conséquent, j'ai dissout notre mariage. Et je pars dans les Contrée de l'Est pour épouser leur petite princesse exotique."

Salamandre sentit quelque chose se briser en elle. Le paysage qui semblait féérique quelques instants plus tôt était devenu lugubre. Les oiseaux ne chantaient plus. La forêt avait perdu ses couleurs et était devenue glaciale tout à coup. Salamandre rejetta le manteau de Caleb loin d'elle et dit, d'une maigre voix : "Tu m'abandonnes? Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu me rejettes?
- Oh mais je ne te rejettes pas. Après avoir eu mon titre de roi comme il se doit et après avoir empoisonné la petite morveuse princière, je reviendrait vous épouser en roi."

Après avoir entendu des mots aussi abjectes sortir de la bouche de celui qu'elle aimait tant, elle se sentit prise dans un tourbillon de colère. Il ne devait en aucun cas partir. S'il l'abandonnait, aucune femme ne devait l'avoir. Il devait mourir. Soudain, ses muscles se crispèrent, ainsi que ses dents et d'un bond, telle un fauve, elle rugit et sauta sur sa victime. De toutes ses forces, elle lui griffa sa belle figure et lui lassera le visage. La couronne dorée de Caleb tomba et se brisa sur les rochers du ruisseau près duquel il se lavait quelques instants plus tôt.

"Estimes-toi mort Caleb, si tu t'en vas."

Sans même la regarder, Caleb récupéra ce qui restait de sa couronne et monta sur son cheval.

"Je reviendrait te réclamer quand je serais enfin roi."

Il galopa et disparu à travers les arbres. Salamandre était abattue. Elle se sentait encore plus nue qu'elle ne l'était. Elle se sentait sombrer dans les ténèbres les plus profonds, à la fois dans la culpabilité d'avoir gâche sa propre vie et celle de son royaume en ayant choisi ce misérable pour époux et dévorée par la haine la plus sombre pour celui qui l'avait abandonnée seule à son sombre sort.

"Il me le paiera, je le jure sur le peu d'honneur qui me reste. Je le tuerai de mes propres mains s'il le faut."

Salamandre bu un ou deux verres de vin, balança la coupe d'un geste brutal, s'habilla rapidement et monta sur son cheval pour retourner dans son palais.

"Si j'avais une force comparable à celle d'Oglad, je tuerai Caleb de la manière la plus sauvage qui soit."

Une pensée sombre lui traversa l'esprit. Le massacre orchestré par Oglad quatre jours plus tôt n'était plus si terrifiant. Il était devenu enivrant. Elle souriait rien qu'à imaginer ce monstre découper en mille morceaux le chien errant qui l'avait abandonnée. Salamandre décida alors de partir à l'aventure à la recherche d'Oglad, afin d'en faire l'assassin de Caleb et pouvoir assister à sa mort.

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Posté vendredi 25 décembre 2009 à 15:44 (#10) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 2: Préparatifs


Salamandre ne pouvait tenir les rènes de son cheval avec sa main droite. Elle lui faisait atrocement mal. Quelques instants plus tôt, elle lui avait noblement servi à lacérer le visage de Caleb. Cependant, face aux souffrances dues à la destruction d'une nuit romantique et de toute une histoire, les douleurs de sa main droite ne valaient pas plus que de simples piqures d'insectes. Le poids de tous les sacrifices qu'elle avait porté pendant longtemps sur ses épaules l'écrasaient de leur poids.

Arrivée au palais, elle se dirigea vers la grande porte, traversa la court, escalada les escaliers pour aller s'enfermer dans sa chambre et ça, sans prêter la moindre attention à ses domestiques et à ses gardes qui l'interrogeait sans cesse sur Caleb. Elle se deshabilla et alla dormir dans son lit, se disant que ça n'était peut-être qu'une simple dispute habituelle et qu'à son réveil, il reviendrait comme à son habitude.

Deux jours passèrent et pas une seule trace de Caleb. Si. un conseiller vint apporter à Salamandre un parchemin officiel décrétant la dissolution du mariage entre Caleb et Salamandre.

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Posté mercredi 20 janvier 2010 à 20:29 (#11) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 2: Préparatifs (suite)


"Majesté, voici là le décret signé de la main du roi prononçant votre divorce, déclara solennellement le conseiller
- Montrez-moi ça!
- Reine Salamandre, sachez bien que ce décret est caduque. Premièrement, le roi Caleb n'est pas l'hériter du trône de Freyrad et, deuxièmement, votre signature ne figure pas sur ce papier.
- Vous voulez dire que je suis encore marié à ce traître?
- Le roi Caleb? Un traître?
- Oui, conseiller. Il a décidé de divorcer afin de déserter du trône de Freyrad pour monter sur celui des Contrée de l'Est.
- Je vois. Voulez-vous que nous lancions des poursuites... "

Un son bruyant et lourd ouvrit les portes de la salle du trône et une jeune femme noble au longs cheveux noirs bouclés entra. Elle portait une robe longue verte foncée et une cape de fourrure noire avec l'emblème de la salamandre sur le dos.

"Mana? C'est bien toi? s'écria Salamandre, surprise.
- Je suis venue aussi vite que j'ai pu quand j'ai appris la nouvelle.
- Conseiller, qu'on nous laisse seules."

Après s'être courbé devant sa reine, le conseiller sorti de la salle du trône.

"Pourquoi n'allons-nous pas à la terrasse du pavillon nord?
- C'est comme tu le souhaite Mana."

Les deux nobles soeurs aux cheveux noires sortirent en empruntant une porte juste derrière le trône pour trouver un escalier les menant vers une grande terrasse où l'on pouvait voir de grands et majestueux arbres à perte de vue. La vue elle-même en valait la peine, puisque cette terrasse a toujours été préféré par tout monarque de Freyrad. Le grand roi Sieg Löwenhertz, père de Salamandre et de Mana, aimait beaucoup cette terrasse. C'est ici qu'il se réfugiait pour pouvoir réfléchir sur de graves décisions à prendre. C'est d'ailleurs ici même qu'il a décidé de se battre en combat singulier contre Agfar, roi de Drakengrad, symbolisant ainsi un tournant décisif dans l'histoire des deux royaumes.

Les deux soeurs s'assirent autour d'une petite table argentée et ornée de figures représentant le célèbre combat de Sieg et d'Agfar. Une bouteille de vin et deux coupes d'ivoire ,posées sur la table, attendaient les deux jeunes femmes.

"Alors chère soeur, que comptes-tu faire par rapport à cette situation?
- Je pensais recruter un barbare fou et l'envoyer aux trousses de Caleb, dit Salamandre en souriant.
- Oglad, je présume. Il y a une chose cruciale que vous oubliez chère soeur.
- Quoi donc?
- Mais la flamme de Freyrad bien entendu, déclara Mana, interloquée.
- Qu'est-ce que c'est?
- Je vois que vous avez oublié vos leçons, dit Mana agacée. Je vais vous rafraîchir la mémoire ; tout monarque en ce monde possède un pouvoir, transmis de génération en génération, pour maintenir l'ordre et la paix au sein de son royaume et pouvoir également se mesurer aux autres monarques en combat singulier, comme le fit notre père, jadis, face à Agfar de Drakengrad. Les hériters au trône de Freyrad subissent dès leur plus jeune âge un enseignement d'une cruauté sans précédent pour leur faire développer ce pouvoir ancestral. A Freyrad, c'est le feu que les rois et les reines manipulent. A Drakengrad, c'est l'énergie.
- Tu veux dire que je possède un pouvoir pareil?
- C'est curieux que tu ne le saches pas... N'as-tu jamais ressenti ou imaginé une flamme à des moments de douleur ou de colère?
- Maintenant que tu le dis, il m'arrive de voir une flamme sombre, dit Salamandre stupéfaite.
- Tu détiens donc la flamme des ténèbres. C'était le pouvoir de Lord Schattenkrallen, ton arrière arrière grand père.
- Et quel était le pouvoir de père?
- La flamme astrale."

Salamandre n'en croyait pas ses oreilles. Qui eut cru qu'elle possédait un pouvoir magique aussi puissant. Soudain un souvenir lui traversa l'esprit ; Oglad possédait lui aussi un pouvoir.

"Mana, Oglad aussi possède un pouvoir, le pouvoir du tonnerre. Comment ça se fait, si ça n'est qu'un simple barbare?
- Oglad est surement un hériter à un trône d'un royaume. Lequel? Je n'en ai aucune idée. Cependant, il n'y a qu'une manière de le savoir.
- Oui, mais je ne sais pas où il se terre. En plus de cela, je ne maîtrise pas la flamme des ténèbres. Je ne peux donc pas l'affronter, si on devait en arriver là.
- Ne t'inquiète pas, on ne me surnomme pas Oeil de Vipère pour rien, souriait Mana. Primo, Oglad se dirige en ce moment vers la taverne du Bois Saignant, une petite taverne dans les bas quartiers de Freyrad. Secundo, il te suffit de te mettre en colère et de te concentrer totalement sur la flamme de ton imagination pendant quelques instants avant de décocher ton tir. Tu vois? C'est très facile. Si tu veux, on peut faire trois essais."

Salamandre ordonna à une servante qui se tenait près de la porte d'entrée du palais de lui ramener son arc, ainsi que trois flèches, qu'elle ramena au bout de quelques instants. Salamandre pris son arc et la première flèche. Il lui était très facile de se mettre en colère, après tout ce que Caleb lui avait fait subir jusqu'à aujourd'hui. Elle prépara son tir et se concentra sur la flamme noire de son imagination pendant quelques instants.

"Tu dois aussi ressentir le feu bruler ton coeur, c'est là que tout monarque de Freyrad puise son pouvoir."

Salamandre obéît à sa soeur et attendit le bon moment. Une sensation brulante lui serra le coeur. Apeurée par ce qu'elle ressentait à l'instant, elle décocha son premier tir vers le sol de la forêt majestueuse. Sa flèche alla directement vers le sol, mais de déconcertant n'arriva. La flamme noire n'apparut point.

"N'ait pas peur de la brulure du coeur. Tu dois attendre jusqu'à ce que la sensation devienne intense et régulière avant de tirer."

La reine de Freyrad s'exécuta, prit sa seconde flèche et renouvela l'essai. Elle se mit en colère, la flamme noire apparut devant ses yeux et la sensation ardente lui serra le coeur, comme au premier essai. Elle patienta jusqu'à ce que la sensation soit régulière et intense, comme lui expliqua Mana. Une sensation de vertige se fit sentir. Salamandre se concentrait tant bien que mal sur sa colère, sur la flamme imaginaire et sur son coeur. A son grand réconfort, la sensation ardente se fit régulière et intense, même si la sensation de vertige s'intensifiait elle aussi. C'est alors qu'elle décocha son second tir. Cette fois-ci, la flèche disparu dans un tourbillon obscur pour atteindre à toute vitesse sa cible. Par contre, la flamme s'éteignit avant même d'atteindre le sol.

"Salamandre, ne t'inquiète pas par rapport à ta sensation de vertige. Un pouvoir puise dans ton énergie vitale, ce qui fait qu'à chacun de tes coups, tu mets ta vie en danger, puisque ton corps s'épuise. Cependant, la flamme des ténèbres ne puise pas que de ton énergie vitale ; elle symbolise tout ce qui est sombre en toi. Les détenteurs de la flamme noire sont des êtres qui ont un lourd destin à porter et l'utilisation de la flamme noire diminue de ce lourd fardeau. Elle se comporte comme un exutoire : à chaque tir, tu vides un peu de ta colère, de ton désespoir, de ta tristesse, de ton désarroi. Au troisième essai, tu pourras utiliser la flamme noire correctement."

A la révélation de la symbolique et de l'usage de son pouvoir, Salamandre prit une totale confiance en elle et prépara son troisième et dernier tir. Elle imagina que sa cible n'était autre que Caleb lui-même, l'implorant à genoux de ne pas lui faire de mal. Non seulement, elle fut emplie de colère, mais sa rage, sa haine, sa tristesse et toutes les sensations affligeantes que ce chien lui avait fait ressentir s'unirent à présent. La flamme noire de son imagination se transforma en une tempête ardente obscure et non seulement son coeur se serra, mais une aura blanche entourait Salamandre. Un cercle de feu se dessina autour d'elle et l'aura brula de plus belle. A cet instant même, Salamandre décocha son dernier tir. Un bruit sourd se fit entendre au même moment et l'aura qui entourait la reine disparut. La flèche disparut pour laisser apparaitre une flamme noire entourée de petites flammes bleutées et blanches. Le projectile ardent atteignit sa cible, mais au lieu de s'arrêter net comme ses prédécesseurs, il ne s'arrêtait pas, pénétrant ainsi le sol pour laisser paraitre au bout de quelques instants, un trou béant sans fond.

"Bravo chère soeur! Maintenant, vous maitrisez la flamme des ténèbres ainsi que son attaque ultime, le tourbillon des ténèbres. Je suis sûre et certaine que si vous décochiez ce pouvoir sacré sur la poitrine de Caleb, vous risqueriez de le désintégrer.
- Je ne te remercierais jamais assez pour cette alléchante découverte.
- Que comptes-tu faire maintenant?
- Je voudrai d'abord découvrir pourquoi Oglad possède un pouvoir équivalent au mien et me mesurer à lui.
- Ce soir, il sera à la taverne du Bois Sanglant. Il est temps que Doride la chasseresse montes sur son cheval blanc.
- A ce que je vois, l'Oeil de Vipère demeure tout aussi omniscient que jamais."

Salamandre sourit de bonheur pour la première fois depuis plusieurs jours. Au crépuscule, elle prit le passage secret et endossa son armure de cuir. Elle prit soin d'emmener avec elle son meilleur arc. Arrivée au Bois Sanglant, elle poussa la porte de bois ancien et entra dans une sombre pièce remplie de criminels et de malfrats. A sa grande stupéfaction, la révélation de Mana était vraie. Oglad était assis à une table, son épée émoussée et pourpre par dessus, près de lui, et lui buvant son grog. Salamandre n'attendit point pour l'aborder. Les autres la regardaient avec surprise.

"Vous êtes Oglad, n'est-ce pas? Je suis Doride et je voudrais vous engager pour une mission
- Ca ne m'intéresse pas, qui que vous soyez et maintenant allez voir ailleurs si j'y suis.
- Je suis prête à vous payez une somme colossale
- Pas intéressé je vous dit. Vous êtes sourde ou quoi?
- Votre prix sera le mien.
- Puisque vous ne voulez pas me lâcher les basques, on n'a qu'à se battre. Si je gagne, vous me fichez la paix et si vous gagnez, ce qui ne risque pas d'arriver, je réaliserais votre mission. Qu'en dites-vous?
- Ca me va parfaitement."

Oglad se leva d'un bon, balança son grog brutalement sur un malfrat qui lui riait au nez et prit son épée. Il souriait comme si on lui avait offert un cadeau d'anniversaire. Oglad aimait le combat. Il en était même amoureux.

Nos deux duellistes sortirent pour se diriger vers une grande court vide et sombre. Oglad dégaina son épée et, au même moment, Salamandre, sous les traits de Doride, sortit quelques flèches de son carquois, mit deux d'entre elles entre ses dents et trois un peu partout sur le sol. Le combat commença. Oglad se rua vers Doride et d'un coup vif et lourd, il l'attaqua. Doride évita le coup en courant vers le côté gauche de son adversaire et tira sa première flèche qu'Oglad n'eut aucun mal à parer. Oglad la regardait en souriant.

"Ainsi je te fait rire... dit Doride avec un air machiavélique.
- Non, mais j'adore me battre.
- Je suis curieuse de voir l'étendu de ton pouvoir foudroyant.
- Si tu y tiens."

C'est alors qu'Oglad planta violemment son épée sur le sol. Il crispa ses muscles de toutes ses forces et regarda le ciel. On pouvait entrevoir des décharges électriques lui traverser le corps, ainsi que son épée, pendant que ses muscles gonflait. Pendant ce temps, Doride préparait son tir ténébreux. Elle se concentrait uniquement sur sa colère. Le tir qu'elle voulait décocher était uniquement destiné à tester son adversaire. Dès qu'Oglad chargea son énergie, il prit son épée et se rua vers Doride qui eut le réflexe de décocher sa flèche noire. A la vue de la flamme noire, Oglad para avec son épée, qui subit une cassure sur sa lame. A la vue de ce qui est arrivé à son épée, Oglad décida de prendre le combat au sérieux.

"Alors comme ça, tu possèdes un pouvoir du feu... Dieu de la Guerre! Offre-moi ta puissance!", s'écria Oglad.

Soudain, une foudre pourpre frappa de plein fouet notre Barbare. Ses yeux s'emplirent de foudre. Doride se décida de se concentrer sur toute sa colère, pour préparer ainsi le tourbillon obscur. Oglad bondit et chargea à l'intérieur d'une bulle d'énergie pourpre électrique vers son adversaire. Pendant ce temps, Doride était déjà entourée de son aura blanche et le cercle de feu était également apparu. Dès qu'Oglad traversa le cercle, Doride décocha le tourbillon obscur. Un choc surpuissant projeta les deux duellistes à plusieurs mètres en arrière. Oglad se calma et rengaina son épée.

"Pourquoi rengainez-vous votre arme? Ne savez-vous pas que vous me déshonorez? Criait Doride vexée.
- Il n'est point le lieu, ni le moment pour que la reine de Freyrad sorte de son palais."

Un frisson traversa le corps de Salamandre. Elle était démasquée.

"Comment avez-vous su? Qui êtes-vous et pourquoi possédez-vous un pouvoir royal.
- Le feu est le symbole de Freyrad. N'avez-vous pas encore deviné qui je suis? Pourtant si vous connaissiez le célèbre combat entre Sieg Löwenhertz et Agfar le Fauve, vous devriez savoir qui je suis... Ah, je vois. Eh bien, je suis le prince de Drakengrad, fils d'Agfar le Fauve et détenteur du tonnerre du Dieu de la Guerre.
- Comment? Comment cela se fait-il que vous soyez hors de vos terre et que vous portez ces guenilles?
- C'est l'entrainement pour pouvoir devenir roi de Drakengrad. Les héritiers pour pouvoir devenir rois, doivent voyager et se battre pendant dix longues années avant de revenir réclamer le trône à leurs pères en se battant dans un combat à un contre un, devant tous les rois et reines de chaque royaume. Le vainqueur devient le roi de Drakengrad. J'en suis à mes 9ans, 11mois et 24jours. Il ne me reste plus qu'une semaine avant d'aller affronter mon père."

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Posté jeudi 21 janvier 2010 à 22:22 (#12) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Posté samedi 23 janvier 2010 à 18:09 (#13) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 2: Préparatifs (suite)


Salamandre avait du mal à comprendre ce qui venait de se passer. En arrivant aux bas quartiers, elle s'attendait à trouver un barbare sans foi, ni loi, qui serait prêt à tuer sa propre mère, si on le lui demandait et elle tombe sur un noble imbus de sa personne, qui savait bien jouer la comédie, tout comme les nobles dont elle avait la plus sainte des horreurs.

"Et moi qui vous prenait pour un guerrier ; je suis tombé sur un pied tendre.
- Un pied tendre? Moi?"

Et Oglad ricana comme un fou, comme si on lui avait mis un élixir de rire dans sa bière.

"Vous êtes trop drôle ma belle
- Je ne suis pas une de ces femmes que vous pouvez avoir avec de futiles flatteries.
- Veuillez excuser mon langage madame, mais je crois bien avoir un peu trop bu ce soir.
- Trop bu? Vous êtes saoul?
- Oui et si vous voulez bien m'aider à rentrer dans la taverne, je vous en serais éternellement reconnaissant."

Un rictus se dessinait sur le front de Salamandre. Elle se sentait rabaissée.

"Je ne suis ni une des catins que vous voyez chaque soir, ni une de vos servante. Et si vous êtes bel et bien le terrible barbare craint de toutes les nations de ce monde, saoul ou sobre, vous pourrez vous débrouiller sans moi en toute aisance.
- Eh attendez jeune altesse! Ne vous emportez pas. J'ai perdu le combat. En tant qu'homme et futur roi de Drakengrad, je me vois dans l'obligation d'accepter votre mission quelle qu'elle soit."

Et Oglad sortit son épée qui tomba en mille morceaux sur le sol.

"Vous voyez? Avant de m'avouer vaincu, je voulais vous connaitre et me faire connaitre. Si je n'avais pas utilisé mon épée comme bouclier, je serai surement mort désintégré."

Toutes les offenses que Oglad lui avait adressé disparurent en un instant. Qui eut cru qu'une novice de la flamme noir ait pu réussir à battre le plus puissant de tous les guerriers. Salamandre était non seulement heureuse, mais en plus, elle semblait planer de bonheur. Soudain, un bruit lourd la sortit de ses rêveries. Oglad était tombé parterre. Etait-il mort se dit-elle. Pourtant, un bruit de ronflement se fit petit à petit entendre. Il dormait. Oglad avait trop bu et les belles sensations de victoire laissèrent place à une certaine déprime ; Salamandre n'a réussi à battre Oglad que parce que ce dernier était ivre mort. Cependant, quelle qu'aurait été l'issue du combat, elle avait besoin de lui. Elle prit une vieille porte de bois qu'elle trouva parterre qu'elle attacha à son cheval et porta le corps du barbare qu'elle attacha à son tour sur la planche, de sorte qu'elle puisse facilement le trainer jusqu'au palais.

Quand elle arriva au palais, elle fit porter le corps par quatre domestiques jusqu'à la seconde chambre d'amis, la première étant réquisitionnée par Mana, fatiguée de regarder l'avenir à travers les cartes de tous les domestiques et gardes du palais. Après que les domestiques finirent leur travail, Salamandre se dirigea directement vers la chambre de Mana, avec ce qui restait de l'épée d'Oglad, ainsi que son manteau blanc sale. Mana était allongée à lire un vieux livre, datant surement de l'époque de leur plus lointains ancêtres.

"Enfin de retour. J'ai failli m'ennuyer en t'attendant chère soeur. Viens, raconte moi tout.
- J'ai du me battre contre lui et je l'ai battu... mais il était ivre mort, dit Salamandre indignée.
- Et alors? Qu'as-tu appris sur lui?
- Qu'il est le prince de Drakengrad et qu'il doit rentrer dans une semaine pour affronter son père.
- Eh bien! Qui aurait cru qu'il était le fils de notre plus puissant allier, et en plus, il pourrait bientôt devenir roi.
- Oui.
- Toutefois, ça signifierait aussi qu'il ne peut vous aider."

Salamandre, pensive, tournoyait l'épée brisée d'Oglad.

"Montre-moi ça Salamandre."

Mana examina attentivement la lame.

"Comment a-t-elle été brisée?
- Avec le tourbillon obscur.
- Intéressant... Eh bien non chère soeur. Oglad a brisé tout seul sa lame avec ses propres forces.
- Quoi?
- Il voulait délibérément perdre le combat. Soit voulait-il accepter la mission, soit il était tellement saoul, qu'il voulut en finir le plus vite possible.
- J'ai aussi pris son manteau. Il y a une tête de tigre endormi dessinée derrière. Je croyais que le symbole de Drakengrad était un tigre rugissant, enchaina Salamandre, pour éviter de réfléchir sur le combat.
- Sache que le tigre endormi symbolise tout simplement que son porteur n'est autre que le prince de Drakengrad. Mais il n'y a que la famille royale de ce pays qui le sait. Ne me demande pas comment j'ai obtenu cette information.
- Merci Mana. Bonne nuit."

Le lendemain, les rayons de soleil vinrent illuminer le visage d'Oglad, qui se réveilla en sursaut.

"Mais où est ce que je suis? Où sont passé mes vêtements et mon épée? Oh non!"

Avec le mal de crâne qu'il avait, il se rappela du combat de la veille et comment il tira sa révérence devant la reine de Freyrad. Au bout de quelques instants, une domestique entra dans la chambre avec des vêtements neufs. Oglad dévisageait la domestique avec agacement, comme si ses anciennes habitudes de noble, perdu depuis une décennie, lui revinrent.

"Tenez Monseigneur. Son Altesse, sa majesté la reine Salamandre vous attend pour le petit déjeuner à la terrasse nord, ainsi que sa soeur, Lady Mana. Ses vêtements vous conviennent-ils Monseigneur?"

Il y avait un pantalon noir, des bottes de chasse, une ceinture, une chemise blanche, une longue veste pourpre et une cape bleue foncée avec le symbole de Drakengrad.

"Vous pouvez disposez. M'avez-vous préparé un bain?
- Non, monseigneur. On vous a lavé hier soir avant de vous coucher, dit la domestique qui commençait à rougir.
- Bien."

Oglad respira un bon coup et se leva pour enfiler rapidement ses vêtements. Si la reine de Freyrad l'avait amené chez elle, c'est qu'elle avait besoin de lui. La curiosité lui donnait des ailes. En un instant et malgré sa gueule de bois, il était déjà prêt et sorti pour aller au lieu de rendez-vous.



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Posté samedi 20 février 2010 à 13:06 (#14) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 2: Préparatifs (suite et fin)


Comme s'il était le maître des lieux, sans l'ombre d'une hésitation, ni de doute, Oglad semblait connaître par coeur le palais de Salamandre. Il emprunta le chemin vers la salle du trône, passa par la porte de la terrasse nord et arriva en quelques instants sur l'endroit de rendez-vous. Les deux soeurs se tenaient là, assises à boire leur thé du matin et à discuter. Il se dirigea avec une démarche noble et calme vers Salamandre.

"Bonjour votre Altesse. Je vous remercie infiniment pour votre hospitalité.", dit Oglad poliment en s'inclinant majestueusement devant Salamandre, comme tout noble bien éduqué et bien élevé.

"Milady Mana." S'inclinant encore une fois.
- Tiens, tiens, tiens. N'est-ce pas Oglad le barbare? L'homme le plus craint de tout le continent aurait-il emprunté les protocoles de la court?", déclarait Salamandre, d'un air moqueur.
- Ne vous ai-je pas dévoilé mon identité? Non. Je devrais plutôt me présenter en bonne et due forme. Prince Adalg de Drakengrad pour vous servir.
- Par les lèvres de Freya, vous aurais-je un peu trop brutalisé pour que vous soyez devenu aussi délicat?
- Puis-je m'asseoir à votre table ou dois-je subir votre sarcasme encore longtemps?

Oglad semblait être devenu quelqu'un d'autre. On aurait dit un roi, plutôt qu'un prince.

"Asseyez-vous, je vous en prie votre altesse." Continuait Salamandre dans son élan sarcastique, ne pouvant retenir son fou rire.

Oglad s'assit sans prêter longtemps attention. Au lieu de se servir du thé, il prit la bouteille de vin et se versa une coupe.

"Du vin? Le matin? Votre gueule de bois est si grave que cela?
- Salamandre, laissez ce gentilhomme tranquille. Avez-vous oublié que vous buviez du vin depuis toute à l'heure?", interrompit Mana encore plus amusée.
- Oglad... euh... Prince Adalg, vous aviez promis hier soir que vous m'aideriez pour une mission." Interrompit Salamandre à son tour.
- Oui, c'est exact. Cependant, je dois me battre contre mon père pour le trône de mon pays avant. Il ne me reste plus que six jours.
- Etes-vous vraiment obligé de l'affronter dans aussi peu de temps? Ne pouvez-vous pas reporter le combat?
- C'est impossible, car sinon je perdrais mon titre princier et je serai pourchassé par les membres de l'ordre du Bras de la Justice.
- Le bras de la Justice?" interrogea Salamandre.
- Voyons ma soeur, vous ne connaissez pas cet ordre? Il s'agit d'un ordre fondé par nos deux pères, Agfar et Sieg Löwenhertz, dont le but est de purifier le monde des criminels dangereux comme Oglad et les membres de cet ordre sont des combattants d'une grande expérience de la guerre.
- L'un d'eux malheureusement est à mes trousses. J'ai donc les pieds poings liés. Je dois affronter mon père pour être libre de tout mouvement. Drakengrad est à cinq de cheval d'ici. Je dois m'en aller demain.
- Tout roi est convié à cet évènement. Pourquoi ne l'accompagnez-vous pas chère soeur?
- Puisqu'il en est ainsi, faisons route vers Drakengrad demain à l'aube. Il faut en finir et le plus tôt sera le mieux." déclara enfin Salamandre, décidée.


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Posté samedi 20 février 2010 à 13:25 (#15) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 2: Le Loup Solitaire


Une longue soirée était passée. Mana, comme à son habitude, avait lu les cartes du Destin pour Salamandre, ainsi qu'Oglad. Les rires et les petites disputes entre nos deux personnages avaient envahi leurs appréhension pour leur voyage du lendemain, comme s'il se préparaient moralement pour un long périple plein d'embuches. il était déjà l'Aube.

Salamandre se leva d'un bon pour endosser son armure violette ainsi que sa cape royale rouge avec une salamandre dorée comme emblème. Oglad, ou Adalg, remit ses vieilles guenilles. Mana lui offert un nodaichi pour le voyage. C'était une longue épée drakenienne dont la lâme mesurait plus de deux mètres de longs et dont la garde était bleue et incrustée de pierres noires. Il s'agissait de l'épée offerte par Agfar à Löwenhertz à la fin du combat légendaire. Mana avait également offert à Salamandre l'arc de son aïeul Sschattenkrallen. C'était l'arc Nidhogg. Un arc forgé à partir des ossements du dragon noir du même nom, un dragon qu'avait combattu Schattenkrallen lors de ses aventures dans les Contrées Inexplorées. Salamandre et Oglad étaient fin prêts pour le voyage.


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Posté samedi 20 février 2010 à 16:10 (#16) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 3: Le Loup Solitaire (suite)


Les deux nobles voyageurs se dirigèrent vers les écuries. Deux gardes, ainsi que deux chevaux, les attendaient.

"Votre altesse, bonjour. Nous venons pour vous escorter durant le voyage.
- C'est inutile. Nous voyagerons seuls."

Les deux gardes s'inclinèrent et partirent en laissant les deux chevaux. Oglad et Salamandre montèrent dessus et partirent au galop. En quelques minutes, ils atteignirent le centre de Freyrad, bifurquèrent vers les bas quartiers pour emprunter après une heure la porte nord ouest du Royaume et rejoindre la route désertique de Drakengrad. Il leur fallait deux jours de cheval pour arriver à un grand lac pour pouvoir se reposer et trois autres jours pour arriver aux portes du royaume drakennien.

Une longue journée était passé et pas un mot échangé entre nos deux personnages. Oglad était soucieux de ses engagements et Salamandre ruminait encore sa colère et sa peine. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Caleb. Pour rompre de sa tristesse, elle se décida d'engager la conversation.

"Oglad, pouvez-vous me parler de Drakengrad? Je n'y suis jamais allée.
- Vous avez perdu la mémoire ou quoi?", dit Oglad brusquement, se remettant surement dans le rôle du barbare sanguinaire.
- Répondez simplement à ma question.
- Bon d'accord, mais vous y êtes déjà allée.
- Ah bon?
- Oui, mais n'aviez que trois ou quatre ans. J'en avais neuf. C'était au moment où nos deux pères voulaient signer l'alliance entre nos deux pays... Drakengrad est un grand royaume. Au moins aussi grand que Freyrad. C'est un pays où la nature et la science se marient harmonieusement ; on y trouve toute sorte de végétation, d'arbre, de fleurs à profusion et la technologie et les machines de mon pays ne dégradent rien de la flore environnante. De plus, notre armée est la plus organisée et la plus puissante de tout le continent. Mon père entraine lui-même ses soldats.
- Peux-tu me parler de ton père?
- C'est un homme d'une grande prestance. Il est du genre à toujours réfléchir avant d'agir. C'est un homme d'action plus que de diplomatie. Il a un charisme qui fait froid dans le dos. D'ailleurs peu ont le courage de le regarder dans les yeux, surtout que son pouvoir est tel qu'il a réussi à tuer un dragon de ses propres mains du temps où il voyageait avant de devenir roi.
- Quand tu me parles de lui, j'ai l'impression d'entendre parler de mon père.
- Oui. Ce sont deux hommes d'une grande force de caractère. Je me souviens de son altesse Löwenhertz quand il s'est tenu devant mon père, pendant la négociation de l'alliance. Ils s'étaient regardés juste dans les yeux et n'ont prononcé aucun mot pendant plusieurs heures.
- Comment ça aucun mot? Je ne comprends pas.
- C'est le langage qu'utilisent de vieux ennemis. Ils se sont battu l'un contre l'autre à diverses reprises pendant au moins vingt ans. Et le comble dans tout ça c'est qu'aucun d'eux n'a réussi à gagner. Deux guerriers identiques, deux forces brulantes, deux faces de la même pièce. On aurait dit deux frères jumeaux. Ces deux hommes me fascinent.

Caleb disparut des pensées de Salamandre. Elle revoyait son père grâce aux histoires de Oglad. Elle revoyait son regard dur qui se posait sur elle lorsqu'elle étudiait et les sourires qu'il lui offrait quand elle réussissait dans ses études et au tir à l'arc.

"Etait-il dur avec toi ton père?
- Dur? Il l'a toujours été. Il s'acharnait à m'apprendre la discipline et la concentration. Il voulait toujours que je sois fort et que j'ai beaucoup de courage. Il m'envoyait affronter des créatures sauvages depuis mes neuf ans et me forçait toujours à me lever aux aurores pour courir et à m'exercer à l'épée. Il voulait que je sois plus fort que lui, alors que moi je voulais juste vivre librement. J'ai jamais demandé à être prince ou roi. Quand je pense que je suis obligé d'affronter mon propre héros.
- Parfois on est obligé de faire ce qu'on ne veut pas. Surtout si nous sommes d'une lignée royale. En plus, nous avons des pères très forts et pour leur succéder nous devons être au moins aussi forts qu'eux."

Salamandre prononçait ces mots avec sagesse et se forçait à y croire. Elle ressentait en même temps le lourd fardeau qu'elle devait porter en tant que reine. La faiblesse et la tristesse devaient disparaître de son visage, se dit-elle.


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Posté samedi 20 février 2010 à 23:03 (#17) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 3: Le Loup Solitaire (suite)


A peine s' était-elle tournée pour prendre sa gourde dans son sac qu'un homme apparu face aux deux cavalier.

"Oglad je présume." Dit l'homme mystérieux.

L'homme portait une cape déchirée de couleur verte foncée et un chapeau de paille usé lui couvrait le haut du visage, ne dévoilant que ses lèvres et son menton barbu.

"Qui le demande? Dit Oglad en souriant.
- Veuillez descendre de cheval et suivez-moi calmement.
- Et si je refuse?
- Je me verrais dans l'obligation de vous trainer par la force", dit l'inconnu.

Salamandre observa attentivement le mystérieux inconnu et se tourna vers Oglad. Elle ne fut pas surprise de l'expression de son visage ; Oglad souriait et bavait comme un enfant devant un grand gateau en chocolat.

- Je préfère de loin la seconde option.
- Par les pouvoirs qui me sont conférés par le saint ordre du Bras de la Justice, moi, vénérable Kenjiro Takeda, disciple du Lotus, je vous arrête Oglad pour le meurtre barbare de vingt mille soldats dans douze pays. C'est votre dernière chance.
- T'es sourd ou quoi? Je veux me battre, minable!" s'écria Oglad, dégainant sa grande épée et bavant de la manière la plus dégoutante qui soit.
- Les hommes devraient savoir quand ils sont morts. Sensei, pardonnez-moi encore une fois, mais je vais être obligé de salir le sol du sang des damnés.

C'est alors que Kenjiro jeta au loin son chapeau et sa cape, dévoilant ainsi sa vraie apparence ; un homme barbu aux cheveux bruns longs et raides, portant un kimono vert, pieds nus, un katana à la ceinture et il n'avait rien à envier en nombre de cicatrices sur son corps. Il dégaina à son tour son arme, pris une posture de combat et ferma les yeux en inspirant profondément. Oglad ne s'arrêtait pas de sourire. A quelques mètres de là, Salamandre observait les deux hommes. Elle ressentait comme une énergie qui les entourait ; l'une bestiale et l'autre calme. On aurait dit un tigre affamé venant de trouver une proie de choix et un loup solitaire défendant son territoire. La jeune reine était amusée de pouvoir regarder un vrai duel entre deux épéistes expérimentés.

Comme à son habitude, Oglad s'élança sur son adversaire en criant de toutes ses forces. Kenjiro restait immobile. Pas un seul doigt ne se mouvait jusqu'à ce qu'Oglad arriva à un mètre de lui. D'un coup sec, rapide et précis, il toucha le bras du barbare. Et comme toujours, Oglad ricanait encore de plus belle. Il était même devenu encore plus fou qu'à son habitude, bavant encore et encore et riant aux éclats, frappant de toutes ses forces son adversaire qui n'eut peine à se protéger. Kenjiro restait calme, les yeux fermés et parait les coups du fauve avec une élégance étonnante ; chaque mouvement de son corps, de ses jambes, ainsi que de sa lame étaient comme étudiés. On aurait presque dit que c'était une dance, si ça n'était pas un duel à mort. Oglad, par contre, n'utilisait que la force et ses coups étaient désorganisés. La force brutale contre la technique perfectionnée. Soudain, les deux adversaires reculèrent d'un bond et s'observèrent.

"Ainsi ce qu'on raconte était vrai. Vous n'êtes qu'une brute sans mesure.
- Et toi un macaque danseur. Tu me plais beaucoup.
- Comme le disait mon vénérable maître, il ne faut pas sous-estimer les épines d'une rose blanche.
- Dis à ton maître d'arrêter l'alcool, ça rend débile.
- Oglad vous me décevez beaucoup. Je dois donc en finir au plus vite avec vous, avant que votre venin ne m'atteigne."

Kenjiro fit un cercle dans les airs avec son épée, tout en pliant les genoux et en expirant profondément.

"Illumine les ténèbres et purifie l'âme, Sakeranbo!", cria Kenjiro.

Salamandre ressentit une énergie menaçante émaner de Kenjiro et s'emparant de son homme de main.

"Sois honoré Oglad! Tu vas mourir par les caresses des pétales du Lotus Noir. Chaque pétale anéantira l'un de tes sens. Dans peu de temps, tu ne seras plus qu'une carcasse ambulante. C'est alors que pour abréger tes souffrances, je te trancherais la tête."

Mais Oglad ne voyait plus, ni n'entendait. Il ne ressentait plus rien du monde extérieur. Salamandre le voyait debout crispé, sa bave dégoulinante, sa bouche entrouverte et son regard complètement vide. Oglad n'était plus que l'ombre de lui-même. Salamandre, choquée par le spectacle qui s'offrait à elle, dégaina son arc et pris une flèche de son carquois pour tirer sur Kenjiro qui n'eut peine à attraper la flèche en plein vol, sans aucun effort de sa part. Soudain, et contre toute attente, Oglad semblait se mouvoir et gémir d'une voix presque éteinte. Son râle se transformait peu à peu en la voix qu'il avait perdu quelques instants plus tôt. Ses yeux reprirent peu à peu leur place et notre barbare semblait redevenir calme. Son énergie pourpre émana brutalement de son corps. Oglad était décidé à déclencher son pouvoir de roi et éradiquer son adversaire. C'était lui ou moi, se dit-il au fond de lui.

"Kenjiro. Je ne te le pardonnerai jamais", dit Oglad avec une voix calme et sombre, une voix que Salamandre ne reconnaissait pas.
- Me pardonner de quoi, Oglad?

L'énergie pourpre semblait irradier de plus belle, encore plus fort qu'au duel contre Salamandre, et sa couleur semblait se ternir. Oglad n'appela pourtant pas le Dieu de la Guerre à la rescousse. Au contraire, il pris son nodaichi à deux mains, pour une fois, ferma les yeux et respira profondément, à l'égal de Kenjiro. L'énergie qui s'échappait de son corps était devenue argentée. C'est à ce même instant qu'il ouvrit les yeux et bondit sur son adversaire pour le transperser à la poitrine. L'action se fit en une fraction de seconde, au point que Salamandre n'eut pas pu suivre l'action. L'énergie qu'Oglad concentrait lui serrait le coeur, au point qu'il allait exploser.

"Qui es-tu?" Dit Kenjiro stupéfait, pour une fois qu'il exprimait un sentiment humain.
- Je ne te le pardonnerai jamais", répétait Oglad.

Les deux prédateurs reprirent leurs postures de combat. Pendant quelques secondes, ils s'observaient dans les yeux, comme pour anticiper chaque mouvement du combat. A peine qu'une brise vint souffler sur le chapeau de Kenjiro au loin, que les deux hommes se jetèrent l'un sur l'autre à une vitesse fulgurante. Un bruit sourd de deux lames entrechoquées retentit dans tout le désert. Pour la deuxième fois depuis le début du combat, la jeune reine de Freyrad n'y comprenait rien. La rapidité des deux hommes lui coupait le souffle. C'est à ce même moment qu'elle se tourna vers Oglad et le vit rengainer son épée.

"Je ne te pardonnerai jamais Kenjiro... de m'avoir réveillé." Dit calmement Oglad.

L'épée du loup solitaire se coupa en trois morceau et du sang sortit de sa bouche et de part et d'autre de ses cicatrices. Oglad, en quelques secondes, lui avait infligé au moins douze coups. Qui aurait pu croire que ce barbare sanguinaire et psychopathe pouvait combattre avec une telle prestance, élégance, technique, précision et rapidité à la fois. Salamandre qui, quelques instants plus tôt, avait peur de Kenjiro Takeda, avait maintenant une peur indescriptible face au sombre Oglad. Ou plutôt le nouvel Oglad. Un autre Oglad, rien à voir avec noble prince gâté ou encore avec le tueur fou. C'était un troisième homme ou plutôt un dieu. L'aura argentée qui émanait toute à l'heure n'était autre que le pouvoir ultime de Oglad, un pouvoir avec lequel personne ne pouvait rivaliser. Salamandre ne sachant que faire sourit maladroitement et dit :

"Bravo, vous n'en avez fait qu'une bouchée...
- ... Détendez-vous Salamandre, votre coeur devrait s'habituer à la pression de mon énergie d'ici peu." Interrompit Oglad avec un air d'un sérieux qu'il n'avait jamais pris auparavant.
- Qu'est-ce que c'est que cette énergie? Et qui êtes-vous?
- Vous connaissez maintenant mon pouvoir ultime, l'éveil du tigre blanc... Je comptais garder ça pour mon père. Maintenant, il me faudrait une journée de repos pour récupérer... Pour votre seconde question, je ne suis que le prince Adalg lui-même, fils d'Agfar le fauve et connu sous le nom d'Oglad. Ne me dites pas que Kenjiro vous a faite du mal pendant que j'étais inconscient?" déclara Oglad, semblant reprendre peu à peu son rôle de barbare.

Salamandre était stupéfaite et en même temps angoissée à l'idée de voyager avec, non pas un, mais trois hommes en un seul. Quelque part elle se sentait moins seule et cette idée l'amusait, malgré ce qu'elle ressentait.

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Posté samedi 20 février 2010 à 23:43 (#18) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Posté dimanche 21 février 2010 à 12:33 (#19) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 3: Le Loup Solitaire (suite et fin)


Une longue nuit était passée et nos deux héros ne s'étaient pas reposés. Salamandre pensait encore au duel de Oglad et de Kenjiro, du pouvoir ultime d'Oglad, ainsi que de l'exécution du loup solitaire. Oglad, quant à lui, observait l'horizon d'un oeil ferme et aux aguets, comme s'il pressentait un hypothétique danger.

"Un homme comme Kenjiro ne devrait pas mourir. Il avait l'air noble d'esprit." Dit Salamandre, affligée.
- Ne vous inquiétez pas pour lui, il s'en remettra. Les disciples du Lotus récupèrent très rapidement. Cela fait d'eux des justiciers de choix.
- Comment savez-vous tout ça? D'abord, vous vous comportez comme un tueur fou assoiffé de sang, puis comme un noble raffiné et maintenant vous devenez un homme de la trempe de Kenjiro, un maître de l'épée et du combat. Vous vous y connaissez en légendes, en histoire et même en écoles de chevalerie. Je ne peux vous faire confiance si vous m'êtes complètement inconnu. Racontez moi tout.
- Bien. Je vais tout vous dire, mais je vais devoir commencer par le commencement.

Olgad bu une gorgée d'eau de sa gourde, pris une profonde respiration et se mit à raconter son histoire.

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Posté dimanche 21 février 2010 à 15:09 (#20) L'utilisateur est hors-ligne   nidhalgo 

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Chapitre 3: La Naissance d'un Tigre


"Nous pouvons nous arrêter ici pour passer la nuit."

Oglad montrait un endroit entouré de trois rochers. Nos deux cavaliers descendirent de cheval et allèrent se réfugier là-bas. Salamandre prit deux ou trois flèches et invoqua son feu des ténèbres pour se réchauffer. Ils s'assirent et Oglad se mit à raconter son histoire :

"Tout comme le pouvoir de Freyrad se transmet par des études approfondies et l'éveil de la colère et de la rancoeur, chez nous, notre pouvoir s'éveille par la difficulté. Plus l'on rencontrait d'obstacles plus périlleux les uns que les autres et plus notre pouvoir grandit. Cependant, pour le canaliser, il faut avoir un esprit dur et discipliné. C'est dans cette voie que mon père et moi avons durement suivi l'épreuve de la décennie. Mon père m'avait envoyé à l'âge de mes dix neuf ans sur un navire, attaché, les yeux bandés, dans une contrée lointaine, à l'autre bout du monde. C'est seulement au bout de quelques jours que je me suis rendu compte que j'étais sur les Contrées Inexplorées, un lieu ne contenant que des créatures maléfiques, des hommes assoiffés de sang et des rebuts de la société. C'était le lieu où l'ordre du Bras de la Justice envoyait leurs prisonniers. C'est d'ailleurs là-bas que j'aurais été envoyé si Kenjiro m'avait battu. Imaginez un jeune noble gâté et raffiné, timide et innocent qui ne s'était battu jusqu'alors que contre des gardes n'ayant aucune expérience de la guerre. Père disait que cette épreuve me rendrait fort, si je survivais bien sûr et si je ne survis pas, c'est que je ne suis pas digne de gouverner. A cette époque, je n'en avais cure de gouverner. Je voulais vivre. Et j'avais peur. Une peur m'emparait au point qu'il m'était impossible de dormir la nuit. Au jour de mon arrivée, un groupe de criminels cannibales m'avaient attaqué. Je n'avais aucune arme, sauf de simples cailloux. J'ai du fuir à toute vitesse pour me réfugier dans une petite grotte humide. Pendant plusieurs jours, j'y suis resté. J'étais mort de froid, de peur et j'avais faim et soif. Au bout de trois jours, je me suis décidé à sortir et trouver de la nourriture. Seulement voilà, dans les Contrées Inexplorées on ne pouvait trouver ni fruit, ni légumes et les créatures étaient plus grande et plus menaçantes que jamais ; pour survivre, il fallait être fort."

Salamandre écoutait attentivement Oglad. Elle se dit que ce qu'elle avait vécu comme douleur et souffrance ne pouvait être comparable à ce qu'avait vécu Oglad plus jeune. Pourtant, il en riait comme si ça n'était qu'une plaisanterie. Elle ne comprit pas comment il pouvait rire de ses souffrances passées, alors que son coeur était inondé de haine et de tristesse.

"Le jour où je suis sorti de ma cachette, je me suis décidé de suivre ce que mon père disait toujours quand il avait devant lui un soldat apeuré : 'se conquérir soi-même, c'est conquérir son adversaire.' Je devais conquérir ma peur, ma faim et le froid. Je suis donc parti vers les lieux où mes assaillants m'avaient pourchassés et je me suis décidé à les affronter. Je les ai trouvé en train de se chamailler. Quand ils m'ont vu arriver, ils se sont mis à rire. Je me suis moi aussi mis à rire et j'ai foncé sur eux. J'ai attaqué avec toutes les forces que j'avais en gardant en tête tout ce que mon père m'avait inculqué ; discipline, courage et acharnement. En peu de temps, j'avais réussi à les battre. Je me suis équipé d'une de leur épée, d'un couteau et d'une crinière pour me tenir chaud. Chaque jour après ça, j'ai affronté tous les obstacles qui se mirent sur ma route ; cannibales, voleurs, samouraïs déchus, tigres, loups. Je ne me suis pas arrêté. J'ai appris à faire de la peur mon allier, le froid mon ami, la faim ma détermination, le repos mon pire ennemi. Même blessé, je persévérais dans ma quête de pouvoir."

"C'est au bout d'une long mois que je me suis fait une petite réputation dans les Contrées Inexplorées. Un jour de chasse, j'ai trouvé face à moi un homme assez âgé d'une peau aussi sombre que la nuit, assis près d'un rocher en train de savourer un morceau de viande bien cuit. Moi qui ne savait pas allumer un feu et qui ait du ne manger que de la viande de loup crue, je me suis décidé à l'affronter comme tous les autres et avoir une part de cette viande cuite. A peine ai-je essayé de l'attaquer que cet homme me mis à terre avec une vitesse effrayante. Contre toute attente, il me proposa de le rejoindre à son déjeuner. Au bout de quelques temps, cet homme était devenu mon maître et mon protecteur. Il me transmit ses techniques de combat, ainsi que sa sagesse. C'était un ancien membre de l'ordre du Bras de la Justice à la retraite. Ceux qui donnaient leur vie pour l'ordre étaient des héros et les héros ne pouvait vivre et mourir que par le combat et la guerre. Leur vie était faite de sang et de violence, même leurs causes étaient juste. On avait peur d'eux et quand ils quittaient l'ordre, il devaient faire pénitence dans les Contrées Inexplorées jusqu'à ce que la mort vienne les chercher."

"Un jour, il m'avait réveillé et s'était décidé à m'affronter jusqu'à la mort. Je me souviendrais de ce jour toute ma vie. Sur les Contrées Inexplorées, la seule loi qui gouvernait était de tuer ou d'être tué. Il n'y avait aucune place pour les sentiments ou l'amitié. Nous nous sommes battus comme des fous. Je ne voulais pas le tuer, mais je ne voulais pas non plus mourir. J'ai été forcé de le tuer. C'est à ce moment là que mon pouvoir s'est réveillé. Il s'est réveillé par la culpabilité et la souffrance. Mon maître était mort par ma propre main en me souriant et en me remerciant de lui avoir permis de mourir par une mort honorable, sous ma lame. Je ne l'ai pas pleuré."

"Mon père disait que pour être fort, il fallait renforcer son corps, son cerveau et son coeur et que le pouvoir ne naîtrait que par la fusion de ces trois forces. Après deux ans, je réussit à quitter les Contrées Inexplorées par bateau avec un capitaine pirate, qui était devenu mon meilleur ami. Il s'appelait Marrik. Tout comme moi, il était fou, aimait affronter les dangers le sourire aux lèvres, artiste, scientifique et sensible pourtant. Au bout de notre voyage, nous sommes arrivés à Myrr et c'est là que nos chemins se sont séparés. C'est là que j'ai appris que mon maître s'appelait Tigris et qu'il était l'élu du Tigre Blanc, un pouvoir qu'il ne transmettait qu'à celui qui pouvait le tuer. Je suis donc le nouveau Tigre Blanc, mais je n'aime pas ce pouvoir, je n'en veux pas. Le plus étrange c'est que j'avais beau affronter tout obstacle sans peur, j'étais démuni face à la gente féminine. Elles étaient d'étranges créatures à mes yeux... Mais cette époque là est révolu et j'ai derrière moi une longue expérience d'amours et de pertes d'amour. C'est un sujet que je ne veux pas aborder pour l'instant. Nous devrions nous reposer, je pense."
- Mais dites-moi, qui est le vrai Oglad ou Adalg dans tout ça?
- Je suis toujours moi chère Salamandre, que je bave devant un adversaire ou que je me comporte comme un parfait gentilhomme, tout dépend de la situation à laquelle je suis confronté, mais je ne deviens vraiment sérieux que quand cela en vaut la peine. Après autant d'embuches dans ma vie, tout ce que je vis maintenant n'a aucune espèce d'importance à mes yeux. J'ai depuis longtemps accepté la mort. Mourir est pour moi la seule voie possible de la vie, quoiqu'on fasse, quoiqu'on dise, quoiqu'on vive, quoiqu'on réussisse, quoiqu'on échoue. Accepter la mort et l'inévitable c'est vivre. On ne donne jamais un sens à sa vie, puisque la vie peut disparaître en un instant. On ne donne un sens qu'à sa mort. Etre un guerrier c'est avant tout être déterminé à mourir. La différence entre un guerrier, un lâche et un chien, c'est que le guerrier accepte la mort, le lâche supplie à genoux la mort de l'épargner de la vie et le chien fuit la mort. Etre un guerrier c'est vivre jour et nuit pour mourir.

Salamandre profitait de la sagesse d'Oglad. Elle se sentit peu à peu remplie de courage ; elle était plus que décidée à se venger de Caleb, même si cela signifiait sa propre mort.

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