La grillade d’agneau est un mets particulier. Sa cuisson au feu de bois demeure, au fil des temps, un art culinaire. Un métier en soi, mais aussi une spécialité très répandue au quatre coins de la Tunisie.
Au bord de nos routes ou au beau milieu de la campagne, ce type de restauration ne cesse de gagner du terrain, à en juger par le nombre de restaurants qui prolifèrent à tout bout de «champ». Ce n’est plus un repas royal réservé aux clients nantis qui ne peuvent point résister à leurs envies, c’est désormais un plat à la portée de toutes les bourses.
Là où ils se trouvent, ces restaurants sont pris d’assaut par de fins gourmets attirés par l’odeur énivrante qui se dégage des barbecues. Viandes ou poissons, peu importe. L’important est de sortir du conformisme alimentaire et d’aller se faire plaisir, autour d’un pique- nique convivial en plein air, loin des rangées de tables et hors coutume des couteaux et fourchettes. Savoir bien manger, c’est aussi opter pour la bonne chair, condition première pour un bon barbecue !
Sur la route de Bizerte, sur les routes des villes du Nord, en banlieue à Ezzahra ou, plus loin, aux confins du Sud, le méchoui affiche ses lettres de noblesse, en tant que recette gastronomique fort ancrée dans le temps. Privilégié par le palais, en été comme en hiver, ce plat très sollicité draine un flux sans cesse croissant de consommateurs. En effet, les morceaux de viande grillés à point sentent le fumet et les barbecues à charbon sur pied, à toute heure dégagent des colonnes de fumée qui partent au ciel, tout en exhalant dans l’air des odeurs savoureuses. Ce sont bien là les arômes authentiques du bon goût d’un méchoui délicieux. Infatigable, le maître grilleur, qui gagne son pain à la sueur de son front, s’attelle sans relâche à sa tâche, provoquant chez ceux qui attendent leur tour faim et grand appétit. Il ne cesse, tout au long de la journée, de faire et refaire son feu et ses braises, sous une chaleur ardente et sous le regard des convives déjà attablés qui prennent leur faim en patience. Car, le plus patient pourrait être le mieux servi ! Pas toujours le cas.
A proximité de ces temples gastronomiques de plein air, des petits métiers fleurissent au rythme des saisons. Qu’il s’agisse de vendeurs de fruits ou de thé à la menthe, le désir de s’approvisionner atteint son summum. Et l’ambiance devient de plus en plus appétissante.
Pas moins de vingt dinars pour avoir, ainsi, un plat aussi consistant, avec comme garniture principale des salades et des frites, sans pour autant oublier le fameux pain de campagne (tabouna). Les boissons gazeuses, quant à elles, dominent le menu. Mais la grillade l’emporte. «Il s’agit, en fait, d’un bon repas convivial, à partager gloutonnement en famille ou entre amis», souligne Moncef, boucher et «rôtisseurs» à la fois, installé sur une grande place au bord de la route menant à Ezzahra. Quadragénaire, ce bonhomme a hérité ce métier, il y a de cela une vingtaine d’années. «Un commerce qui se transmet de père en fils», s’exprime-t-il avec beaucoup de fierté. Il s’est habitué à s’approvisionner du Sud-tunisien ou de l’abattoir d’El Ouardia. Il a révélé, en toute réserve, que cinq ou six moutons en moyenne sont égorgés au quotidien. Une offre qui ne semble pas correspondre à la demande, vu l’affluence que connaît son local. Ses collègues, implantés juste en face,connaissent aussi une grande affluence. Question hygiène, l’état des lieux ne peut qu’interpeller les services d’hygiène et de contrôle économique, pour éviter aux consommateurs d’éventuels risques.
Source : lapresse.tn
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