J'aimerais que les participants postent leurs avis sur les films qu'ils ont vu, les films mentionnés tout au long du sujet, en discuter... donc en gros, pas de simples copier/coller d'autres sites, et pas la peine de poster une affiche ou seulement le nom du film regardé. Ca n'intéresse personne de savoir que X a regardé le film Y sans rien savoir d'autre.
Voilà, je commence avec mes derniers films :
Antikörper (Antibodies) (Christian Alvart, 2005, Allemagne)

Gabriel Engel, un serial killer qui terrorise l'Allemagne depuis 6 ans, est enfin arrêté. Un policier d'un petit village essaie de lui soutirer des informations à propos d'un meurtre qui a eu un an plus tôt dans ce village.
J'ai beaucoup entendu parler de combien ce film ressemble à The Silence of the Lambs. Les similarités sont parfois frappantes, et le prisonnier/serial killer n'hésite même pas à mentionner Hannibal Lecter. Les deux cas se ressemblent énormément, et bien que parfois ça lui va très bien de jouer à la Hannibal Lecter, j'ai eu l'impression que parfois c'était un peu exagéré. Bon c'est peut-être dû au fait que j'ai regardé une version merdique du film avec un doublage français au lieu d'une VO sous-titrée, il me faut donc le revoir pour mieux juger.
Mais sinon pour le reste, bon je le répète encore, ça ressemble à The Silence of the Lambs, mais aussi à Se7en. D'un côté on a le prisonnier qui, à partir de sa cellule, "joue" avec la police et les inspecteurs, il "entre" dans leur tête et essaie d'en sortir ce qu'il cherche, et d'un autre ce côté religieux fortement présent pendant surtout la deuxième partie du film.
Ca devient de plus en plus intéressant au fil du temps. À un certain moment, j'avais vraiment l'impression d'avoir devant moi un autre John Doe...
Le seul véritable (gros) problème cependant est la fin. Tout le film se passait bien, mais voilà qu'on a choisi de mettre une fin plutôt stupide. Il y a du parallélisme et tout, mais ça ne va pas du tout bien avec le reste, et franchement je m'attendais à ce que les choses se passaient autrement.
8/10
Pusher (Nicolas Winding Refn, 1996, Danemark)

Frank passe ses journées à vendre de la drogue et à s'amuser, jusqu'au jour où il a un gros deal qui ne se passe pas du tout bien...
J'ai lu beaucoup de choses sur ce film, et sur la trilogie en général. Je m'attendais à quelque chose de grandiose, et j'étais très bien servi ! J'avais peur d'être un peu déçu à la fin, parce que d'habitude quand mes attentens sont très hautes, le résultat n'est pas toujours à la hauteur de ce que j'espérais voir, mais heureusement que ce n'est pas du tout le cas ici.
Ce film n'a rien à voir avec les films criminels américains. Il se rapproche le plus des films (criminels) européens, naturellement, et plus particulièrement des films français. Il y a cette façon très naturelle et des fois même spontanée de jouer les rôles de la part des acteurs, et surtout l'acteur principal qui joue Frank. Cet homme a vraiment du talent, tout change dans son comportement dans la deuxième partie du film par rapport au début. Il devient plus nerveux, beaucoup moins souriant, très violent... et les personnages en tout sont eux aussi très naturels. On n'a pas affaire à des gangsters qui tuent tout ce qui bouge lorsqu'ils n'ont pas ce qu'ils veulent sous la main, comme dans les films américains.
L'enchaînement des évènements se fait de façon très fluide. Au début les choses sont plutôt calmes, on voit Frank et son ami passer de bons moments, faire leurs trucs... puis vient le mauvais moment du film, et c'est à partir de là que ça se complique. La tension monte petit à petit, Frank se trouve dans un tourbillon de problèmes qui se multiplient un par un. Des choses totalement inattendues se passent, ce qui fait que Frank s'enfonce encore plus dans la merde...
Le truc c'est que tout ce qui se passe semble trop réel. On n'a pas l'mpression de regarder un film. Le comportement de Frank avec ceux qu'ils connaît, et notamment la fille Vic, est intéressant à voir. Il est du genre têtu, fier et qui a des difficultés pour faire sortir ses sentiments, ce qui va avoir des répercussions sur la suite des évènements...
Dernière remarque, ceci n'est pas un film d'action comme pourrait le faire croire l'affiche. L'utilisation des armes à feu n'est pas vraiment importante ici, quoiqu'elles auront leurs mots à dire.
Une merveille à ne pas rater.
10/10
Pusher II: With Blood on My Hands (Nicolas Winding Refn, 2004, Danemark/UK)

Tonny, un viel ami de Frank qu'on a déjà vu dans Pusher, vient de sortir encore une fois de prison. Il compte bien reprendre sa vie en main, sauf que ça ne se passe pas comme prévu...
Dans ce deuxième volet de la trilogy Pusher, on suit un personnage différent, mais toujours du même entourage du premier film. Tonny était le meilleur ami de Frank dans Pusher, et là on va le suivre dans sa vie de tous les jours. Il est plutôt stupide et maladroit, et sa relation avec son entourage n'est pas vraiment des meilleures, et notamment avec son père. C'est à partir de là que ça va se compliquer.
On assiste ici à quelque chose de différent de ce qu'on voit d'habitude dans les films du genre. Là aussi, le dialogue est du genre trés simple mais efficace. Les répliques, réactions et situations dans lesquelles sont mis les personnages sont très réalistes, ce qui n'a rien de très gai... ce film prend une dimension un peu plis 'triste' donc...
Malgré sa stupidité, on sympathise très vite avec Tonny (surtout si on sait ce qui lui est déjà arrivé dans le premier Pusher). Il est, tout comme tous les autres personnages de la trilogie, très humain. Il commet des erreurs, essaie de se rattrapper, se met dans de très mauvaises situations, n'est pas apprécié par tout le monde... et c'est d'ailleurs ce qui fait le charme des Pusher, mais j'en parlerai plus tard...
9/10
Pusher III: I'm the Angel of Deah (Nicolas Winding Refn, 2005, Danemark)

Dans ce troisième volet de la trilogie, on suit un autre personnage qu'on a déjà vu dans les deux premiers Pusher : Milo, le grand dealer de drogue serbe. Dans sa dernière livraison, au lieu d'avoir de l'héroïne comme à son habitude, il a reçu de l'ecstasy. N'étant pas son domaine, il décide quand même d'essayer de la revendre...
Le dernier volet de la trilogie suit la même tradition. Ce n'est pas aussi intense que Pusher, mais à un certain moment ça s'en rapproche énormément.
Le style reste le même, avec les dialogues toujours aussi simples et réalistes, les situations difficiles à gérer et qui échappent très vite au contrôle, les arnaqueurs et autres profiteurs qui existent partout dans ce genre de business... et c'est ce qui va effectivement mettre Milo dans un véritable pétrin.
On voit ici comment est-ce qu'un dealer de drogue essaie de faire la part des choses entre sa vie 'normale' et son autre travail.
L'anniversaire de sa fille étant sur les portes, Milo essaie d'être là et de veiller à ce que la fête se déroule dans de bonnes conditions. La particularité de ce film est que, les deux tiers des évènements qu'on voit se passent le jour de cette fête ! On voit Milo organiser quelque chose ici, sortir de la cuisine pour aller rejoindre ses invités tout de suite après, retourner régler quelques problèmes, revenir à la fête...
J'ai également été surpris par la présence d'un vieux personnage de la trilogie. Il s'agit de Radovan. Je me suis posé des questions quant à son absence dans Pusher II, mais là la surprise était vraiment grande, surtout en le voyant faire ce qu'il fait comme il l'a prévu dans le premier Pusher.
Cette trilogie est fortement recommandée à tous les films de films de ce genre. C'est de la très bonne qualité, et c'est rare de trouver des films pareils !
9.5/10
Salinui Chueok (Memories of Murder) (Bong Joon-ho, 2003, Corée du Sud)

1986, dans un petit village sud-coréen, des filles sont violées et tuées par un serial killer. Deux détectives locaux sont assistés par un détective de Seoul pour essayer de résoudre les meurtres.
En 1986, les choses n'étaient pas du tout comme elles le sont maintenant en Corée du Sud. Le pays souffrait d'un régime avec des règles militaires très strictes, comme par exemple un couvre-feu qui avait pour but de limiter les actions anti-gouvernementales... mais qui a aussi un peu servi au tueur de mieux exécuter ses meurtres...
Ce film est donc basé sur des faits réels. Ca rappelle sur ce point (et surtout sur un autre que je ne mentionnerai pas afin de ne rien spoiler) au récent Zodiac de David Fincher, quoique, Memories of Murder est beaucoup plus 'sombre', et en même temps, plus marrant.
La première partie du film contient de très nombreux moments 'légers', surtout en ce qui concerne les méthodes utilisées par les deux détectives locaux. Ces deux détectives sont très stupides et incompétents. L'un d'eux essaie de jouer le rôle de celui qui pense, en se fiant à son "instinct" et aux croyances à ce que lui disent les shamans, alors que l'autre se contente parfois de frapper, sans plus. Ils torturent les suspects en vue d'en tirer des informations qui n'existent, des confessions de meurtres qu'ils n'ont pas commis... et c'est là que vient le détective de Seoul, plutôt de nature calme et qui essaie de réfléchir avant d'agir.
C'est un très bon film qui surpasse plein d'autres films américains standards du genre, à voir.
8.5/10
Insomnia (Erik Skjoldbjærg, Norvège, 1997)

Deux inspecteurs suédois arrivent dans une petite ville au nord de la Norvège, afin d'aider la police locale à résoudre un meurtre.
Non il ne s'agit pas du film de Christopher Nolan avec Al Pacino et Robert Williams sorti en 2002, mais plutôt du film original.
Comme tout le monde, j'ai regardé et aimé le remake américain à sa sortie, et voilà que c'est seulement maintenant que je regarde l'original. Ca va naturellement rendre mon avis un peu biaisé, mais je dois admettre que, au moins du côté de l'originalité, celui-là l'emporte haut la main sur le remake.
Les acteurs ont leur place aussi. Ici il s'agit d'un acteur très talentueux mais pas très reconnu, Stellan Skarsgård, dans le rôle principal. Son rôle a été repris par Al Pacino dans le remake, et je dois dire que les deux performances sont grandioses.
Ceci est un excellent thriller qui ne suit pas tout à fait les normes du genre. Il y a une accentuation sur l'atmosphère plus que les faits. Il s'agit d'un village où le soleil ne se pose jamais. Même en plein milieu de la nuit, il y a du soleil, ce qui va poser de sérieux problème au personnage de Stellan pour s'endormir à son arrivée. Ce qui se passe par la suite va lui poser encore plus de problèmes. Il sombre dans l'insomnie et tout ce qui s'ensuit comme la fatigue, et c'est là qu'on se rend compte des vrais talents de Stellan. Si on ajoute à celà son regard torturé rempli de remords...
Malgré l'abondance de la lumière du jour, le film est de nature très lourde, opressante, extrêmement froide et même sombre. Ca peut sembler contradictoire, mais les brouillards très denses, couplés au calme général des évènements, servent très bien à passer ces effets.
C'est un film à ne pas rater, même pour ceux qui connaissent déjà le remake !
9/10

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