Zoubeïr Turki, une grande figure du patrimoine artistique nous quitte

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«Il était l’âme, le cœur, le talent, la gouaille et l’humour de notre ville et de nos jeunes vies. Le petit peuple le reconnaissait partout et l’aimait. Ses personnages esquissés avec grâce, Ibn Khaldoun, pleurent notre Zoubeïr Turki bien aimé».
C’était l’oraison funèbre que Raja Farhat envoyait par SMS à ceux qui l’ont connu, approché, aimé.

Aïcha Gorgi nous avait annoncé la triste nouvelle à l’aube. C’était le dernier dinosaure. Un des derniers monuments vivants de ceux qui ont été les pères fondateurs de l’histoire de la peinture tunisienne et de l’Ecole de Tunis.
Géant à la barbe fleurie, au profil marmoréen, et au regard affûté, il avait toujours le mot acéré et la parabole cinglante.
Mégalomane assumé, il avait coulé son profil dans le bronze sous le nom d’Ibn Khaldoun, et quand on le lui reprochait, il répondait joyeux : «Et qui vous a dit qu’Ibn Khaldoun ne me ressemblait pas?»

Dans sa sénia de Radès, où il ne recevait que ses amis, il avait monté un musée de ses œuvres, refusant de vendre ses dessins depuis dix ans, et en repoussant toujours par superstition l’ouverture. Mais il vous le faisait visiter avec une joie sans pareille, malicieux, vous demandant si vous ne reconnaissez pas tel ou tel personnage à travers ses croquis caricaturés ou embellis selon ses sautes d’humeur.
A nous, qui le pressions de nous annoncer une date, il tergiversait toujours prétextant n’avoir jamais fini.
Quand il nous envoyait un mot ou une invitation, qu’il tenait à remplir lui-même, nous en encadrions le libellé tant notre nom prenait, sous sa plume, allure d’œuvre d’art. Zoubeïr Turki est parti, mais son œuvre demeure. Que ceux qui l’ont connu, approché, aimé se mobilisent pour que ce musée ouvre enfin ses portes.

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