La Belgique interdit le voile intégral

En pleine crise politique depuis la démission lundi de son gouvernement, la Belgique est devenu le premier pays en Europe à interdire le port du voile islamique intégral dans tout l’espace public. Jeudi, les députés belges ont voté le texte à l’unanimité. Seuls deux se sont abstenus. La loi qui ne parle pas explicitement de burqa ou de niqab, prévoit que les personnes qui «se présenteront dans l’espace public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière telle qu’ils ne soient plus identifiables», seront punis d’une amende et/ou d’une peine de prison de un à sept jours.

Des exceptions sont toutefois prévues pour les événements festifs comme les carnavals, s’ils ont été autorisés par décision municipale. Le député libéral Denis Ducarme s’est félicité de cette nouvelle adoption. «Nous sommes le premier pays à faire sauter le verrou qui a mis bon nombre de femmes en esclavage et nous espérons être suivis par la France, la Suisse, l’Italie, les Pays-Bas, les pays qui réfléchissent».

Certains experts ont émis des doutes sur l’utilité de cette loi. Ils ont notamment fait remarquer que des règlements de police interdisant de cacher son visage sont déjà en vigueur dans la plupart des communes belges concernées. Le texte se veut surtout de portée symbolique. D’autant que cette loi ne vise seulement qu’une toute petite partie de la communauté musulmane : le port du voile intégral est un phénomène plutôt marginal en Belgique.

L’organisation Amnesty International a, quant à elle, condamné fermement cette décision, évoquant même «un dangereux précédent». «Une interdiction totale de se couvrir le visage violerait les droits à la liberté d’expression et de religion des femmes qui portent la burqa ou le niqab», a déclaré John Dalhuisen, l’expert de l’organisation de défense des droits de l’homme sur la discrimination en Europe.

Reste maintenant à obtenir l’aval de la chambre haute du Parlement belge, l’équivalent du Sénat en France. Mais compte tenu de la crise politique actuelle, cela pourrait prendre un certain temps.

En France, le gouvernement, lui, s’apprête à présenter une loi similaire, en conseil des ministres en mai et à la chambre des députés début juillet.

Source : leparisien.fr

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